• AERODROME DE L'ARC - LENFANT 1935-1939

    Alors que l'espace actuellement occupé par la Zone industrielle des Milles était fait de prairies, de quelques bastides isolées, certains rêvaient d'y créer un champ d'aviation. Dans le contexte de ces pionniers de l'aviation, la légèreté des avions permet encore de les étrenner sur des espaces agricoles. A cet effet dès 1911 Rolland Garros pause son monoplan Blériot sur le champ d'aviation des Fenouillères à Aix-en-Provence.

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    Carte militaire 1935

    En ce 29 octobre 1911 c'est aux portes de la ville, aujourd'hui quartier universitaire, que le célèbre aviateur arrive depuis Pertuis : un véritable périple. La population venue nombreuse est euphorique. Le fermier qui de bonne grâce à prêté ses terres n'aurait jamais imaginé un tel usage de ses labours même si l'avenir, la venue de l'autoroute continuera de surprendre les esprits.<o:p></o:p>

     

    Extasié par ces prouesses aérienne, c'est au Café Leydet autour de Mr Bose président de l'Aéro-club (créé en 1908) et Directeur des Mines de Meyreuil que se réunissent les plus passionnés qui pour certains collaborent avec le projet de future "Gare aérienne". Si la commune de Miramas fut un temps envisagé pour accueillir "l'Aéroport de l'Arc", c'est finalement à Marignane que sera posée, le 29 octobre 1922, la première pierre du complexe que nous connaissons aujourd'hui sous le générique « Aéroport Marseille Provence ».

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    luynes lenfant

     

     

    Bien plus modeste qu’à présent, le terrain, ne compte que 200 hectares pourvu de trois hangars qui dans un premier temps font usage de remise. En effet, il s'agit pour les militaires de Cuers (83) de stoker deux imposants dirigeables saisis à l’Armée Allemande. Pendant ce temps, les Aéro-club se formalisent. A Aix, bien que la ville fût dépourvue de terrain d'aviation permanent, deux organismes sont en abîme concurrente. L’Aéro-club de Provence rassemble plutôt d'anciens aviateurs, d'anciens pilotes militaires tandis que le Club Provençal de tourisme aérien réunis des amateurs moins argenté souvent issues des services de maintenance aéronautique leur surnom : "les mécanos".<o:p></o:p>

    Malgré cette mise en classe et faisant front dans le projet d'équiper Aix-en-Provence d'une piste d'aviation en dur, les deux groupes se réunissent en 1933. Se faisant, chaque fête de Pentecôte est l'occasion d'organiser des évènements comme en 1933 ce "Tour du sud aérien" qui proposait aux possesseurs d'avions - tous stationnés à Marignane - d'effectuer sur trois jours les liaisons de Montpellier, Nîmes, Florac, Avignon, Orange, Montélimar, Cannes et enfin Nice.<o:p></o:p>

    Comme une nique à la cité aixoise, l'expédition au-delà de son pittoresque, marquait la carence de la Belle endormie en termes de moyen aéroportuaire. En cœur, la Fanfare de l'aviation ne manque pas une fête, pas une rencontre avec la population. Une autre Pentecôte c'est le jeu des "messages lestés" qui fait mouche : autour des zones de largage, les citadins cherchent les précieux billets de tombola lestés puis jetés depuis les appareils de l'Aéro-club. On notera que pour les tombolas régulières, les billets se vendaient à la déjà Librairie Goulard avec des lots très attractifs : automobiles Hamilcar, montres ou autre motocyclette.<o:p></o:p>

    A force de persévérance, l'Aéro-club acquiert 25 hectares de terrains situé quartier des Trois Pigeons. Il y a la petite piste orienté est/ouest qui courent entre l'actuel Centre de détention de Luynes et le Cimetière militaire, deux hangars, un grand bassin rectangulaire et un modeste bâtiment de briques qui fait office de "club house". Le 9 mai 1935 c'est le Général Denain qui après un passage à Marignane inaugure l'Aérodrome de Lenfant. La foule des grands jours est là pour voir évoluer dès 16h00 le Potez de l'escadrille ministérielle. Sur le fronton de l'un des hangars, une publicité pour Renault-Caudron précise la présence d'une station-service. <o:p></o:p>

    Cet ornement monnayé 150 000 Francs (de l'époque) permis en partie de financer le projet dont le coup en terme foncier s'élevait à 250 000 Francs. Pour le solde, les loteries rapportèrent jusqu'à 15 000 Francs enfin, Gustave Bourraglas membre de l'Aéro-club obtiendra du Casino municipale d'Aix un prêt de 50 000 Francs dont les termes ne seront d'ailleurs jamais honorés. En complément 50 membres donnèrent chacun 15 000 Frans, cette dernière collecte permis à l'Aéro-club, à présent opérationnel, d'étoffer sa flottille alors porté à six appareils pour 72 pilotes certifiés. En sus de ces avions, les premiers modélistes s’endimanche pour faire voler à Lenfant leurs bolides miniatures.<o:p></o:p>

    C'est peut-être la venue du Lieutenant Général d'Astier de la Viguerie qui a précipité la fermeture du site. Venu sur place le 5 août 1938, le haut dignitaire devait être la dernière huile à poser devant l'enseigne Renault-Caudron. Pour des raisons stratégiques l'aéroport est transféré en 1939 à l'emplacement actuel de l'Aérodrome des Milles. Ce choix correspond aux faibles possibilités de défense du terrain de Lenfant. Pour ce dernier tout est finit et c'est durant la deuxième guerre que ce dernier sera détruit ou plutôt recouvert de déblais divers. Cette œuvre, probablement allemande, correspond à la volonté des occupants de maitriser les espaces aéroportuaires. Alors que Lenfant est rayé de la carte, les abords de l'Aérodrome des Milles sont truffés de bunker comme Route d'Apt.<o:p></o:p>

    Réduit à l'état de tertre, le Terrain d'aviation de Lenfant aura été l'un des plus éphémères de son espèce. <o:p></o:p>


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