• Les embruns de l'été pointent, déjà certains imaginent des fleurs qui sont bourgeons. Dans le bocage des chasseurs préparent l'affut, rénovent ici une clôture plus loin un abreuvoir à nourrir le gibier. A l'heure de la herse le champ est une fois de plus retourné : la 4L du paysan posée en vrac au bord du champ. Aux abords du village de Trets la comédie pastorale est encore vive. En l'an 2000 c'est par dizaines que les véhicules patrouillaient la campagne. Comme des satellites autour du village, ces agents déplacent, construisent, sablent, goudronnent, plument. En somme, ces dernier bricolent, rêvent à l'extase dans des hangars qui fleurent bon la graisse. Parmis les ruraux, certains tentent une intégration parralléle.

    Pour exemple ce pot de Banania vieux de cent ans n'en n'est pas à ses premiers grammes de graisse. Plus haut perché dans l'atelier de Grégorie des pots plus contemporains de Benco valorisent une impressionnante collection de visserie.

    C'est là dans ce long garage que le butin des patrouilles d'un groupe de néo-ruraux très spécial est transformé en trésor. Il y a tout d'abord ce qui est d'ordre domestique. Ainsi, depuis une grange enronçée, des assiettes anciennes ont été extraites et finiront au service du squat. Une autre section regroupe ce qui est destiné aux puces : pêle-même une charrue sortie des bois quelques jarons métaliques et plus loin une lourde caisse d'outils rouillés. Par-là, les ressources de cette petite communauté s’exportent. Les habitants se rendent aux marchés aux puces de la région pour vendre leurs trouvailles tous fière de leur ressourcerie.

    Tard dans la nuit, Grégorie s'improvise en parvenu tentant de réparer la cheminée centrale qui avec la fontaine devait impressionner le visiteur. Des rêves de l'ancien propriétaire reste toute la volonté de faire de cette vaste demeure une belle bourgeoise citadine. En pleine expansion dans les années 70 le bourg de Trets accueil une population qui jouit, transforme en pierre leur réussite. Le pendant de ce dynamisme est la somme d'équipements, de nuisances inhérentes au développement. Alors que la bourgade ce meut progressivement en une petite ville, le propriétaire de ce qui deviendra un squat est l'une des victimes du progrès en marche.

    Mal positionnée, sa demeure est frappée d'alignement, promise à la démolition dans le cadre de la mise en place d'un rond-point de sortie de ville. Là où le lieu-dit annonce la croisée des chemins, la chaussée est à présent parfaitement asservie à l'automobile. Penaud le propriétaire est déconfit, ce dernier bien qu'honnête homme n'hésite pas à mettre en boule la notification d'expropriation émise par le Conseil Général des Bouches-du-Rhône.

    Résigné, l'homme quitte finalement le navire avant son démantèlement programmé. Plus tard pourtant, dans le viseur des appareils de mesure de la DDE les façades de la maison ne rentrent décidemment pas. Croquis après croquis, l'édifice se trouve épargné, placé à quelques mètres seulement du nouveau rond-point. Economie de démolition, soucis d'esthétismes, nul ne sait ce qui a finalement sauvé la demeure.

    Alors que le propriétaire a été indemnisé, a quitté les lieux depuis deux ans, un groupe de trois jeunes gens d'une vingtaine d'années s'improvisent propriétaires. Poussant le portail, taillant les ronces au besoin, ces derniers sont immédiatement interpellés par le voisin qui s'étonne en ire de cette visite dominicale. S’auto désignant comme des membres héritiers de la famille du propriétaire, les squatters misent sur la carte du culot. Le plan fonctionne, une poignée de main scelle l'amitié avec ces nouveaux voisins qui vont ainsi occuper la maison durant deux ans.

     

    Aux premiers jours, c'est parmis les restes de chantiers, quelques crottes de rats que les nouveaux résidents passent la nuit. Très tôt chacun s'affèrent à la réouverture du site et déjà les documents d'expropriation mis en boule sont trouvés, élevés au rang de reliques. En sus de cet acquis de valeur historique, un vieux ratelier contient encore un jeu de clef de la bastide. En quelques jours chaque pièces a retrouvée un usage, les vitres sont propres, les sol de carreaux ciments ont retrouvé leur éclat mystique.

    Dans la petite commune de Trets, si les ragots vont bon train peu de cas est fait de ces rodeurs des champs, des squatters du rond-point qui en fouillant les ruines brulées de bastides refont un capital. Du reste le cimetière de caravanes secret du village est admis comme une référence pour les motos cross du dimanche, pour les chasseurs ou les agents récupérateurs du squat de Trets qui fréquentent au final les mêmes endroits. Là sous les lignes électriques en ce mardi après-midi, David tente de récupérer ce qui fut un banc d'arrêt de bus qui est à présent totalement recouvert par la végétation. Ce nouveau spot, David l’a découvert par Thomas un marginal qui lui ne vit pas au squat de Trets.

    Thomas ne présente pas le profil d'aventurier à tout le moins de rat des champs requis pour intégrer la "maison du rond-point". Dans le monde de Thomas tout est basé sur les bédos et les canettes là où les yeux des squatters du rond-point brillent pour la Maison des Singes, leurs corps vibrent pour la ferme au 4L, la maison brûlée de Fuveau.

    Croisé à la Poste de Trets Thomas à triste mine avec ses trois chiens qu'il insulte, frappe à l’occasion. Plus âgés, ce déjà trentenaire porte fièrement la casquette à clous des cramés. Ceux du rond-point seraient plutôt dans l'utilitaire-anonyme du treillis, la chaleur d'une bonne veste. Pour Thomas rien ne compte plus que la défonce, le reste de ses effets, de son appartement est un dépotoir. Accumulées au plus haut niveau des casseroles grasses, des assiettes sans charmes aux reliefs de nourritures pourries qui finiront par être jetées.

    C'est toujours l'heure du café chez Thomas. Pour les visiteurs c'est le self-service avec la boite de Nès, la casserole d'eau à bouillir sur le réchaud engraissé. Ravit d'être visité Thomas ne reste pas inactif sortant sa précieuse caissette. Autour d'un joint Thomas se plaint, gémit sur sa condition désignant malheureux un tertre de boites de conserve. De l'époque où Thomas rapinait dans les champs, il ne reste que des sacs de végétaux sublimés. Pourtant, Thomas avait des mois auparavant entraîné le trio du rond-point à la chasse aux laitues. Cette nuit là, Thomas brillait encore de ses solides connaissances, c'était peut-être les plantes son trucs après tout ?

    Accablé, Thomas ne va plus que rarement à "Bouc" où sa bande d'amis continue à se réunir. Ces derniers squattent à l'occasion un garage annexe de la vaste propriété possédé par les parents de l'un d'entre-eux. C'est là-bas, dans la camaraderie que Thomas s'est initié à la défonce. Si les joints tournaient abondamment très vite des drogues issues des raves party se sont invitées aux soirées. Autour du DJ de la bande les weekends ont le temps d'un été glissés vers les semaines. Si presque tous les membres du groupes ont su à l'issu d'un hiver glauque passé en free party reprendre le cour de leurs vies, bien que celles-ci fussent ponctuées d'excès, Thomas eu beaucoup plus de mal.

    Comme dans une bande de potes bien soudée c'était souvent l'enjeu du café que d'exprimer le cas de Thomas qui finirait tôt ou tard par être à la rue : viré de son logement. Même loin de Bouc au rond-point la une des news c'était Thomas. Chez lui devant son café froid comme un mégot Thomas s'était repris le temps d'un bongue que lui seul continuait à utiliser. Parfois quelques grands frères du villages désoeuvrés passaient chez "le Thomas" avant de rentrer chez leur mère. Pour Thomas, la marginalité était total là ou le "Vieux Mourad" pouvait compter sur l'hatre familial. De retour à la maison du rond-point, les squatters envisageaient à présent avec effroi le "problème Thomas". Menacé d'une expulsion imminente, ce dernier ne manquerait pas de venir demander asile à la Maison du rond-point, ses occupants sauraient-ils le lui refuser.

    Déjà durant l'hiver Grégorie avait été éprouvé par la détresse de Thomas. Comme aux temps les plus anciens alors que la neige tombait en abondance, le trentenaire amaigri s'était présenté à la maison du rond-point : il avait faim. Si des galères pouvait arriver à la Maison du rond-point, ses occupants n'eurent jamais à manquer de nourriture comme leur logis fut toujours très bien tenu. En somme deux mondes s'affrontaient au niveau du portail où Thomas attendait en soumis.

    Reçu, c'est au chaud de la cheminée, sous les remontrances que ce dernier reçut tel un clochard quelques boites de conserve et autres pitances. En sus de sa misère, "le Thomas" qui fut jadis "le dandit" portait à présent sur lui en permanence l'odeur putride issue des excréments canins dissiminnés partout sur les sols de son appartement.

    Photo 371.jpg

    L'intrusion de la grande misère dans le repère de ces jeunes qui cherchaient à vire leurs expériences, sorte de construction à la frontière de la ruralité, du recyclage et de l'exploration faisait poindre les limites d'un système. A l'été c'est dans une benne que les restes des affaires de Thomas furent jetées. L'appartement était à présent condamné, Thomas partis sur la route, à l'aventure : abimé il parvient à rejoindre Simiane.

     

    Lire la suite "C'était un dimanche à Simiane"  


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  • Et depuis, bien des dossier ont évolué lorque certains, les plus rares semblent plongés dans une létargie infinie. Ainsi, la Ferme des Anges du côté de Meyreuil a révétue les très conventionnels habits de la restauration. Auparavant, ce domaine de bout de route, de fin de chemin était un squatte. De la musique plutôt faite de basses et d'infra-basses faisait parfois vibrer les lieux et en guest un âne ... nommé Govain était présent. Pour sûre que chacun se hatera d'admirer le site dans cet état depuis GoggleHeart où l'ancienneté de la prise de vue aérienne permet d'exhaucer un tel phantasme - 43° 29'54.47''N - 5° 28'05.95"E.
     
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    Du reste, il y a bien encore quelques ermites de ce côté là comme le "Chevrier Fou" qui aime à gravir les pentes du Montaiguet. Côté squatte, la ville n'est plus ce qu'elle était. Peut-être ce mouvement de reflux est-il plus global ? Après une bref ère de médiatisation, la possibilité d'occuper un lieux "sans droit ni titre" est de plus en plus réduite. Cette carrence dans l'offre de lieux tend à signifier de la raréfaction des cibles potentielles. Pour rester dans l'esprit "sqatte" il s'agit de renoncer au confort moderne et même au confort plus anciens...

    L'intemporel squatte du Silo du Pont-de-l'Arc

    Souvent, à l'arrivée sur zone il ne reste plus rien de la destination première du lieu. En somme, les squatters sont de plus en plus "des champs" ou "de caravanne". Le squattage se réduit aors à la "prise" d'un point d'eau, à l'établissement la-bas au fond d'un parking. Le mobilier urbain est alors mis à contribution pour barrer, condamner les accès ... réduire les possiblités...

    Vers la route de Palette il y a bien une vaste zone de camping informel - 43°30'41.54"N - 5°28'34.72"E. Au bord de l'Arc l'endroit dégage un relan de Mad-Max tout en offrant un cadre arboré, le clapoti de l'eau. Le terrain est d'un plat parfait et pour cause, à l'origine celui-ci était destiné à recevoir un supermarché. Le propriétaire, Mr K. avait de longue date entamé les procédures pour réaliser ici, à quelques pas du - petit - Pont des trois Sautets une vaste surface commerciale un temps envisagée comme un Intermarché.

    Les lampadaires comme sortis de nul part donnent aux visiteurs des indications sur la position des parkings dans le rêve de ce promoteur bordelais. Espoirs déçus pour les uns, terre d'acceil pour d'autres qui loin d'êtres étrangers au site consomment ce dernier comme de juste ... Il y a la-bas un turn-over de caravannes et de quelques camtar - fourgon de type Trafic ou J5 - disposés en base. Un temps, un gardien occupait l'unique mobile-home du site. Celui-ci parti, le nouvel occupant informel de ce préfabriqué flanqua celui-ci d'un panneau de voierie récupéré et bien choisis : "Col de la perche"...Souvent les lieux de squatte traduisent un echec commercial, des péripéties juridiques inérhentes à la propriété foncière. C'était le vide, le désert qui servait de support à leur communauté.

    Ancienne fabrique de nougat
     
    En témoigne, cette farique de nougat du côté de la Rotonde squattée durant des annés. A Saint-Jérome, face au supermarché Casino du même non, une banque a été édifiée. Voici quelques années en lieu et place du Moto-hall Aixois - 43°30'41.54"N - 5°28'34.72"E. A l'occasion de cet échange une "longue" transition a un temps donné au site la fonction de squatte. Johane, un jeune aixois et ses nombreux chiens et chiots y avaient etabli leur quartier ... Le local était intéressant car configuré sur deux niveaux, l'un d'entre eux étant une vaste mézzanine avec ça et là les restes de l'activités du motoriste...

    Route des Alpes peu avant l'hôtel le Prieuré, la Maison de l'Arménie se souvient de sa longue période squatte des années 2000 - 43°30'41.54"N - 5°28'34.72"E. Cette belle bâtisse affublée en certains points de symboles maçonniques fut un temps surnommée la "Maison des drogués". Ce sobriquet collait bien avec l'état du site surtout vers la "fin", à savoir après plusieurs années d'occupations. Mais n'allons pas trop vite. Au départ Piotre, un colossal et jeune polonais - né en 1978 - vivait là paisiblement avec quelque chiens qui en meutent effrayaient le chalan. Ces derniers arrivent à l'époque de Grenoble où leur squatte du "17 rue du Drac" a été fermé en date du 21 août 2003 - 45°11'12.78"N - 5°42'26.38"E.

     

     
    Pièce d'identité de P., Route des Alpes

     

    Pour P., c'était un petit paradis. Il pouvait enfin restaurer sa Merco blanche immatriculée en allemagne et démontée quelques moteurs fraîchement récupérés. Il faut dire que la disposition du domaine, de ces bâtiments était idéale. Tout d'abord un solide portail à la suite d'un long mur rendait le site à première vue imprenable. On pouvait tout aussi bien penser à une bastide tranquille depuis la Route des Alpes.

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    Au delà du portail c'était le jardin arboré et envahit par endroit. Sur la droite un vaste hangar était dédié à la réparation automobile occulte. Plus loin, la maison principale et ses robustes portes de bois peintes de rouge. A l'intérieur les vielleries sont entassées et l'on devine au plafond quelques moulures. Chaque pièce fut-elle étroite a sa cheminée. Les salles d'eau ne manquent pas. A l'arrière, un bâtiment indépendant évoque un ancien hangar avec une imposante porte métalique qui donnant sur la route est condannée. Le terrain finit en petit bois au milieu duquel trône un puit du même tonneau que la bastide.

     

    Les traces bureaucratiques d'un parcours de squater

    Bien vite P. fût débordé. Qui, un pote pour dormir, qui, un amis à héberger, bientôt P. ne fut plus maître de rien. Dehors les machines à laver, les laves-vaisselles étaient livrés à quelques réparations éparsses. Dehors encore et comme dedans, les carcasses ne manquaient pas. Les pièces était envahies d'objets. Et, sur les trois étages un cafarnaum indéscripible régnait. Les parties les plus hautes, sous les toits, offraient des espaces mansardés donnant à voir de l'enfer de la toxicomanie. Beaucoup de seringues étaient posées ça et là aussi bien que des habits dont les tailles trahissaient la misère de familles entières...

    Préview / Mais depuis ce vide pour beaucoup c'était déjà l'hiver...2/3 


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  • a demeure avait donc des airs de maison hantée tout droit sortie d'un rush flou entre Derick et Brighton. Pourtant les fenêtres nombreuses auraient fournies une luminosité abondante, des fumets de Provence piquant de résine. Or rare étaient les issues ouvertes. Les derniers temps du squatt se caractérisent par une "sur-division" des lieux. Comme une découpe sauvage laissant chaque pièce dans l'ignorance de l'autre et autant de refuges pour des individus toujours plus nombreux.

    "Que nos effectifs soient en nombre ilimité", voilà une devise qui ne sié pas à la position d'occupant sans droit ni titre. Dans notre cas à tout le moins. L'ire des voisins est renforcé par la somme des allers-retours, des véhicules qui passent et repassent. Les lieux sont comme mortfiés et le lambda y évoluant pourrait croire à sa propre mort : être arrivé quelque part en enfer...

    Du reste, il faut bien des sites comme point de substitution à la petite gare d'Aix-en-Provence. Celle-ci fraîchement restaurée n'offre pas un abri sûr aux errants. Sa petitesse et la permanence des opérations de contrôles otte au lieu toute fonction d'habitation fut-elle de jour. A y voir de plus près, une annexe toute proche a bien existée. A quelques pas de la gare et bien plus proche à vol d'oiseau, un immeuble vitré fait face aux voies ferrées - 43°31'23.31"N - 5°26'36.90"E.

    Ce bâtiment offre depuis la gare de larges surfaces vitrées et un toit : sorte de vaste terrasse. Les parties en verre sont engoncées avec des traverses noires façon Pavillon noir. En haut un cube, en verre lui aussi, fait office de vigie. Côté pile, dans la rue du Bowling du Mail - Boulevard Albert Charrier -, le site apparait sous les traits d'une maisonette toute mignonette. Point de baies d'aluminium ou d'escaliers parés de verre mais une façade portant un toît tuilé à deux pentes, typique des années 1950. Un petit espace au devant offre de précieuses places de parking qui en retraits ne souffrent pas d'êtres payantes. Face à la demeure un vaste espace à l'état de frîche est destiné, selon l'affiche du permis construire, à accueillir seize logements. Avant se tennait là une usine un temps abandonnée puis démolie il y a environs cinq ans.

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    Si vous allez la chercher, la voir, la traque sera difficile car depuis peu - environ un an - la condition de la demeure a évoluée. Celle-ci est recouverte de tags et une solide barrière de marque "Héras" interdit l'approche. Les portes, les fenêtres sont autant d'éléments murés tout comme, sur le côté, le passage qui jadis permettait d'accéder au petit jardin. Ce dernier s'étend du batiment à la cîme des voies - le terrain à une aire de 294 m2 pour 241 m2 de bâti. Un permis de démolir bien actuel livre le nom évocateur de la SCI propriétaire des lieux ... "les trois reines". Leur règne aura pour ainsi dire été marqué par l'exercice d'une forme de chaos particulière ... L'aspect actuel de la maison trouve ses fondements dans son histoire. Que celle-ci soit mi-traditionnelle mi-moderne avec en sus des allures "d'immeuble à bureaux" s'explique par l'activité d'imprimerie longtemps en place. Puis à la suite de cette ère commerciale rien, le vide.

    La maison bien que lottie entre deux autres fut bientôt squattée par un puis, comme souvent, une dizaine d'occupants. Il y avait là beaucoup de chiens et un temps "Crête rouge" l'un des squatters emblématiques de l'époque que l'on retrouvera aussi chez F. Savon, du coté de l'ancien Hippodromme d'Aix-en-Provence. Ce lieu, en centre vile, offrait une résidence idéale avec une partie salle à manger ou salle commune côté rue et côté gare, des sortes de chambres façon aquarium : entièrement vitrées. Au centre, un escalier en colimaçon dessert les trois niveaux et mène au toît d'un plat agréable. Ce qui l'est beaucoup moins c'est l'odeur pestilentielle liée aux excréments de certains chiens dont les maîtres ne se donnent pas la peine de les mener aux toilettes, dans la rue.

     

    Vue du parc de chez les Savons à La Parade du temps de sa splendeur

    Carte de membre de la Socétés des Courses d'Aix-en-Provence basée à La Parade, vers 1930

    La dernière occupante du Domaine de la Parade, la magnifique F. Savon

     
    Membres de la famille Savon, jadis en voyage d'affaires à New-York vers 1930
     

    Le Docteur Snell et son épouse invités de la famille Savon débarque

     

     

     

    Pré-view / Le château d'Elise 3/3 


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  • Il est vrai que l'un des traits réccurents aux endroits visités, aux lieux cités est, outre la présence d'humains, la présence de chiens. Compagons aux multiples façettes, leur présence doit certainement rassurer mais aussi permettre l'exercice d'une certaine forme de sociabilité. La construction des groupes de "jeunes" errants en tribus comme un subsitut à la famille tend à objectiver la possession d'un animal comme un point d'affiliation double. D'une part avec la communauté marginale mais égallement avec la communauté restante.

    Cette transversalité, universalité animale, héritage totémique se lis à n'en point douter par la présence d'étranges écuelles .... posées en des endroits incongrus. Quel bâtiment de taille respectable et pourvu d'un parking, d'espace vert, d'un exterieur en somme ne possède pas son lot de passagers clandestins quadrupèdes. Souvent c'est Jeannine : "tu sais la vieille du standard" qui leur donne à manger à ces "sales chats de merde qui nous bouffent tout" affirme Marcel sur un ton on s'en doute des plus vaindicatif.

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    Il est vrai que la-bas, vers les grosses pierres au bout du parking il y a toujours à l'abri contre le mur une assiette, un bol issu de quelques recyclages administratifs, remplit de mou - 43°31'03.87"N - 5°26'52.27"E. "C'est sûr si on continue ils seront plus nombreux que nous" renchérit Marcel. A la pause de midi quelques Atos, véritables ressortissants de la facultée, doivent écouter Marcel : ce disque rayé. Après son départ , Martine avance que : "c'est sûr il est allé boire son whisky". Chacun y va de sa remarqe et d'échanger sur l'actu des transgressions.

    LA MAISON DES SINGES DE PEYNIER

    Parfois, derrière un transformateur électrique il y a aussi ces "plateaux-repas" pour chat. Pour le coup on cherche une vieille du regard. On imagine cette dernière, version pigeon, répendant sur une surface de ville piétonne et pavée une quantité impressionnante de pain prêt à être becquetté. "Dès fois ils sont bien plus gentils que la pupart d'entre nous" telles auraient pu être les paroles de la dame aux pigeons. Elise R, aujourd'hui décédée, aurait pu tenir les mêmes propos. Elise résidait dans une modeste maison non loin du petit hameau des Michels du coté de Peynier - 43°30'05.82"N - 5°26'30.50"E.

    Cette demeure, nommée La Treille à l'origine, nous l'avions surnommée : "l'Ilet aux singes". Et pour cause, Ranko un solide gorille y a longtemps demeuré effrayant parfois les enfants de voisins attirés par l'étrangeté des lieux. La maison est sise en bordure d'un petit chemin rural, sans voisin; le bâti est modeste avec un grand terrain - de 1,2 hectares environ - en partie planté de vignes. L'entretien de celles-ci est confié à Mr R plus ou moins exploitant viticole. A la fin des années 1970, en 1978 exactement, la masure est confrontée à de nouveaux occupants qui vont profondémment la marquer. Paul et Elise R rentrent alors d'Afrique. La-bas, leur vie rappelle la série Daktarie. Lui, soignant un singe, elle, brossant un lionceau, voila quelques uns des clichés noir et blanc, la période africaine de ce couple de futur quinquagénaire.

     

    Le retour inévitable en "métropole" est difficile et pour garder le "contact" Paul et Elise ramènent d'Afrique quelques uns de leurs compagnons. On retrouve Ranko le gorille mais également une panthère et des lynxs. Les quadrupèdes exotiques sont parqués dans des cages sur le côté de la maison ou encore dans un enclos sur le devant. Ces installations, éxécutées à la va vite, contrastes avec la "cellule" aménagée pour Ranko à l'intérieur mème du foyer . Celui-ci du reste est modeste. Il y a deux niveaux. En bas : un salon, une cuisine et à la suite un garage. En haut : deux chambres. La maison de Ranko est une pièce attenante au salon qui communique avec cet espace par une solide porte armée de barreaux véritable pièce carcèrale.

     

    Paul R est allemand, il est né en 1915. Elle est née en Agérie et est un peu plus plus jeune que lui. Le couple passe pour étrange auprès des riverains et des habitants de la petite commune de Peynier. Madame récupère volontier les fruits gâtés en fin de marché pour nourir sa petite ménagerie. Un jour, vers 1998/2000, pour des raisons indéterminées, Paul "repart" en Allemagne laissant Elise seule à ses rêves de .... vétérinaire, de zoologue accomplie. En effet, Elise forte de son expérience africaine nourissait le secret espoir d'épouser la profession, de trouver de nouvelles possibilités : une symbiose professionnelle avec ses chères animaux.

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    Non loin de la demeure, du coté de la déchetterie de Trets, se trouve justement l'un des seuls instituts qui pratiquaient dans les années 2000, de façon officielle, des expèriences sur les animaux et notamment sur certaines variétés de singe... Ayant rédigé un cv, une lettre de motivation, Elise tenta sa chance mais pour elle, se fut une triste désillusion. Un mur énorme était posé entre les connaissances quelle ressentait et les compétences préssenties pour réussir le sinistre recutement.

    Du reste, la maison fut laissée à l'abandon au départ d'Elise pour une maison de repos. Celle-ci, livrée à elle même, s'était laissé aller dans la demeure au point de donner à celle-ci des airs de maison fantôme. Les animaux d'une fragilité tropicale mourraient les uns après les autres. Non qu'ils n'eurent été aimés mais plutôt que cet amour fut dépassé. Ce n'était plus l'heure de Daktarie. La passion d'Elise poussait cette dernière à pratiquer des autopsies sur la dépouille des animaux qui par la suite était stockés dans deux congélateurs, mis à l'abris du temps dans le garage.

    Le départ d'Elise laissa un site dévasté. Il y est peu aisé de distinguer l'avant de l'après, le mélange du rangement. Il y a ces lettres non ouvertes qui marquent de la retraite solitaire d'une propriétaire laissée là à plus de 3 kilomètres du bourg. Il y a bien les véhicules dehors. Cette Volvo blanche avec les sièges rongés par des singes, des passagers occasionnels. Mais la flotte est inutilisable comme avariée. Une caravane au dehors semble hors du temps tandis qu'au garage, trois ans après le départ d'Elise, les congélateurs sont toujours là, leur contenu dégage à présent une odeur putride.

    Le sol est jonché d'objets. A terre le carrelage est recouvert. Un livre d'apprentissage pour l'anglais, un dés à coudre et des sacs, une montagne de sacs poubelles. Ils sont là, jetés vers le garage depuis la cuisine et jamais débarassés. Il y a là quelques semaines, quelques mois d'une vie que l'on devine précaire : la détresse d'Elise...

    Fin

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