• CROISADE MORALE ET COLABORATION : LA PROSTITUTION A GRENOBLE EN 1942

    Voici présenté dans son intégralité un document exceptionnel; un fascicule souple de 15 pages réalisé par la Ligue Française de la Moralité Publique et l'Association Dauphinoise d'Hygiène Morale en septembre 1943. Titré "L'exemple de Grenoble 15 années de lutte contre ce fléau social : la prostitution", il s'agit pour les auteurs de faire la promotion par la lettre de leur engagement, de celui des associations citées, dans une forme de combat contre la prostitution et pour la maitrise des conditions sanitaires de son exercice. Cette entreprise que nos contemporains qualifieraient d'humanitaire est toutefois effectuée dans le contexte pesant de la collaboration.<o:p></o:p>

    0<o:p></o:p>

    Dans un premier temps, un rapport établi par le Docteur Bütterlin, Contrôleur sanitaire de la prostitution et de la prophylaxie antivénériennes de l'Isère décrit "La situation vénérienne et l'état de la prostitution à Grenoble de 1931 à 1942». A la suite, un tableau statistique titré "Statistiques annuelles des services antivénériens de l'Isère de leur création à nos jour - 1929-1942". Dans un historique froid le "Doc" rapporte l'existence en 1942 à Grenoble de quinze "cafés clandestins" abritant une activité de prostitution. Plus loin, l'inventaire des "maisons de rendez-vous" tout aussi officieuses est établi à trois pour la même année. Ensuite, il est question par antagonisme du nombre de "filles libres se livrant au racolage sur Grenoble en 1942". Le chiffre de douze individus se prostituant de façon indépendante sur Grenoble en 1942 est avancé tandis que le docteur précise froidement que "dix-huit ont été dirigées sur des camps de concentrations". Certainement une solution acceptable pour des croisés moraux souillés par la collaboration. En page 9, un tableau rédigé par le Docteur Hermite met au banc d'essai le régime général de la prostitution et celui particulier qui fut adopté à Grenoble à partir de 1930. Le quotidien de "L'Abri dauphinois" qui constitue l'Arche disponible pour les prostituées en voie de noyade à Grenoble est décrit avec son lot de difficultés de réussites et d'échecs. Enfin, les trois dernières pages contiennent un texte titré "Ce qu'en pense les "anciennes"", signé "X une ancienne pensionnaire". Ce personnage, certainement recomposé par les croisés, témoigne d'un parcours de cet enfer du pavée tenu puis du passage salutaire à l'Abris dauphinois. <o:p></o:p>

     

      
     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :