• SECTEUR AUTOROUTIER DE LANCON DE PROVENCE : LE DOSSIER

     

     LAN9ON 

     

     

    Randonée Crimes et chatiment autour de l'Aire de Lançon-de-Provence

     

    Des sandwiches et des saucisses Herta

    Si l'autoroute est une voie romaine moderne, l'Aire de Lançon de Provence représente un lieu d'étape incontournable. Prisonnier des glissières de sécurité, les usagers de l'autoroute goutent aux joies du casse-croute pris au son mélodieux des autos qui filent vers le sud, remontent vers le nord. Posé tel une météorite au milieu d'un vallon, le complexe en impose par ses dimensions même si l'Hôtel Mercure point d'orgueil du dispositif à tous simplement été rasé.

    Malgré ce manque, l'Aire de Lançon de Provence conserve son très imposant pont restaurant au sein duquel les grandes enseignes de restauration se bousculent. Du reste, l'Aire de Lançon de Provence est comprise dans un dispositif autoroutier comprenant en sus de l'aire de repos le très imposant péage du même nom. Cette gare de péage distante de 1500 mètres barre l'horizon, brillant de ses dizaines de cabines. Aux alentours, un vieux domaine agricole est en cour de restauration : les nouveaux propriétaires doivent composer avec la physionomie spécifique des propriétés scindés par une autoroute.

    A l'ombre du grillage autoroutier

    Au plus près de la chaussée, une petite masure qui fut certainement une annexe du grand domaine à finit en squat de bord d'autoroute. Modeste, la maison devait être coquette, servit par un champ d'olivier au-devant, c'est le bitume qui s'est imposé à l'arrière. Détuilée, la bâtisse compte ses jours tandis que par intermittence quelques jeunes de passages viennent s'exprimer sur les murs de ce qui fut le salon.

    Photo 071-WEB
    Photo 063-WEB
    Photo 070-WEB
    Photo 069-WEB
    Photo 068-WEB
    Photo 067-WEB
    Photo 065-WEB
    Photo 064-WEB

    Les restes d'un feu témoignent de soirées certainement passées à compter les véhicules. Plus loin, une pierre de taille prête à l'attention. Posée au milieu d'un pré, il s'agit sans nul doute d'une pierre tombale. "Regret éternel" voilà un épitaphe des plus classiques pour un outil de deuil qui finit dans un bien étrange contexte.

    Photo 060-WEB
    Photo 062-WEB

    Du côté des véhicules qui évoluent vers le nord, le terrain affiche un relief tout en collines. Le charmant lieu-dit du Val de Sibourg représente une enclave dans ce milieu tourmenté. Avec son superbe château, un lotissement digne d'une série américaine, l'endroit est proprès, cerné par la garrigue qui monte. Comme une limite, les voies de l'autoroute ont conférées au site un puissant isolement.

    Sur les sentiers des inquisiteurs modernes

    Dans les hauts, ni routes et très peu de construction. Des sentiers partent au quatre vent comme celui qui longe l'autoroute jusqu'à la hauteur de la Fare-les-Oliviers. Dans ce secteur, de grandes inscriptions "Avorté = tuer" ont été peintes sur les rochers celles-ci ont longtemps été visibles depuis l'autoroute. A l'heure actuelle il ne reste bien heureusement que quelques traces passé : l'outil de propagande n'est plus entretenu.

    Plus au sud au niveau de la cime des collines, une petite maison de brique semble inaccessible. Au bout d'une piste, en voie d'enroncement, cette masure semble avoir été restauré il y a moins de trente ans.

    Photo 028-WEB
    Photo 030-WEB
    Photo 032-WEB
    Photo 033-WEB
    Photo 039-WEB

    Depuis, le hasard des rencontres n'a pas épargné la construction. Livré à son isolement, l'édifice semble avoir accueilli des réunions néo-nazis en atteste les symboles de haines dessinés de rouge sur les murs. Les quelques meubles encore présent sont cassé tandis que la végétation ressert inexorablement son emprise sur la parcelle.

    Photo 036-WEB
    Photo 037-WEB
    Photo 038-WEB
    Photo 041-WEB

     

    Plus loin dans la garrigue, desservit par une piste, une ancienne fermette semble être le point de chute des pompiers lors des veilles d'été. A l'heure d'hiver, la petite maison est volets closes, les murailles de pierres livides s'étendent à l'infini au dehors pour protéger ce qui fut du temps des romains de vastes champs d'oliviers ou d'amandier. Féru de ces fruits secs, nos ancêtres avait asservit le coteau de Lançon de Provence. L'un d'eux intervenant de nos jours ne manquerait pas de saluer l'Aire de Lançon qui doit certainement proposer pour quelques sescestre les précieux fruits.

     

    Photo 048-WEB
    Photo 050-WEB
    Photo 049-WEB
    Photo 051-WEB
    Photo 053-WEB

     

    GRAND BASSIN VIDE AU VAL DE SIBOURG

    Là où cour l'Autoroute du Soleil, le ciel se confond en collines de garrigues. A la hauteur de la Gare de péage de Lançon-de-Provence, malgré l'emprise autoroutière conséquente, la physionomie du paysage passé est encore présente. Coupé en deux, un vaste domaine comprenait alentour, outre un superbe château en voie d'être protégé par un mur anti-bruit, une ferme, des terres agricoles en abondance son lot de dépendances. Quelques siècles après la réalisation de l'ensemble, la chaussée à scindée en deux espaces le domaine.

    Du côté où les voitures remontent vers le nord, un vaste bassin est triste : privé d'eau. Non que ce dernier soit inapte à contenir le précieux liquide mais plutôt qu'au terme des travaux autoroutier achevé en 1970 son inutilité fut consacrée.

    Photo 358-WEB
    Photo 359-WEB
    Photo 360-WEB
    Photo 361-WEB
    Photo 363-WEB
    Photo 366-WEB
    Photo 367-WEB
    Photo 368-WEB 

    votre commentaire
  • Alors que l'espace actuellement occupé par la Zone industrielle des Milles était fait de prairies, de quelques bastides isolées, certains rêvaient d'y créer un champ d'aviation. Dans le contexte de ces pionniers de l'aviation, la légèreté des avions permet encore de les étrenner sur des espaces agricoles. A cet effet dès 1911 Rolland Garros pause son monoplan Blériot sur le champ d'aviation des Fenouillères à Aix-en-Provence.

    <o:p> </o:p>

    012

    Carte militaire 1935

    En ce 29 octobre 1911 c'est aux portes de la ville, aujourd'hui quartier universitaire, que le célèbre aviateur arrive depuis Pertuis : un véritable périple. La population venue nombreuse est euphorique. Le fermier qui de bonne grâce à prêté ses terres n'aurait jamais imaginé un tel usage de ses labours même si l'avenir, la venue de l'autoroute continuera de surprendre les esprits.<o:p></o:p>

     

    Extasié par ces prouesses aérienne, c'est au Café Leydet autour de Mr Bose président de l'Aéro-club (créé en 1908) et Directeur des Mines de Meyreuil que se réunissent les plus passionnés qui pour certains collaborent avec le projet de future "Gare aérienne". Si la commune de Miramas fut un temps envisagé pour accueillir "l'Aéroport de l'Arc", c'est finalement à Marignane que sera posée, le 29 octobre 1922, la première pierre du complexe que nous connaissons aujourd'hui sous le générique « Aéroport Marseille Provence ».

    <o:p> </o:p>

    luynes lenfant

     

     

    Bien plus modeste qu’à présent, le terrain, ne compte que 200 hectares pourvu de trois hangars qui dans un premier temps font usage de remise. En effet, il s'agit pour les militaires de Cuers (83) de stoker deux imposants dirigeables saisis à l’Armée Allemande. Pendant ce temps, les Aéro-club se formalisent. A Aix, bien que la ville fût dépourvue de terrain d'aviation permanent, deux organismes sont en abîme concurrente. L’Aéro-club de Provence rassemble plutôt d'anciens aviateurs, d'anciens pilotes militaires tandis que le Club Provençal de tourisme aérien réunis des amateurs moins argenté souvent issues des services de maintenance aéronautique leur surnom : "les mécanos".<o:p></o:p>

    Malgré cette mise en classe et faisant front dans le projet d'équiper Aix-en-Provence d'une piste d'aviation en dur, les deux groupes se réunissent en 1933. Se faisant, chaque fête de Pentecôte est l'occasion d'organiser des évènements comme en 1933 ce "Tour du sud aérien" qui proposait aux possesseurs d'avions - tous stationnés à Marignane - d'effectuer sur trois jours les liaisons de Montpellier, Nîmes, Florac, Avignon, Orange, Montélimar, Cannes et enfin Nice.<o:p></o:p>

    Comme une nique à la cité aixoise, l'expédition au-delà de son pittoresque, marquait la carence de la Belle endormie en termes de moyen aéroportuaire. En cœur, la Fanfare de l'aviation ne manque pas une fête, pas une rencontre avec la population. Une autre Pentecôte c'est le jeu des "messages lestés" qui fait mouche : autour des zones de largage, les citadins cherchent les précieux billets de tombola lestés puis jetés depuis les appareils de l'Aéro-club. On notera que pour les tombolas régulières, les billets se vendaient à la déjà Librairie Goulard avec des lots très attractifs : automobiles Hamilcar, montres ou autre motocyclette.<o:p></o:p>

    A force de persévérance, l'Aéro-club acquiert 25 hectares de terrains situé quartier des Trois Pigeons. Il y a la petite piste orienté est/ouest qui courent entre l'actuel Centre de détention de Luynes et le Cimetière militaire, deux hangars, un grand bassin rectangulaire et un modeste bâtiment de briques qui fait office de "club house". Le 9 mai 1935 c'est le Général Denain qui après un passage à Marignane inaugure l'Aérodrome de Lenfant. La foule des grands jours est là pour voir évoluer dès 16h00 le Potez de l'escadrille ministérielle. Sur le fronton de l'un des hangars, une publicité pour Renault-Caudron précise la présence d'une station-service. <o:p></o:p>

    Cet ornement monnayé 150 000 Francs (de l'époque) permis en partie de financer le projet dont le coup en terme foncier s'élevait à 250 000 Francs. Pour le solde, les loteries rapportèrent jusqu'à 15 000 Francs enfin, Gustave Bourraglas membre de l'Aéro-club obtiendra du Casino municipale d'Aix un prêt de 50 000 Francs dont les termes ne seront d'ailleurs jamais honorés. En complément 50 membres donnèrent chacun 15 000 Frans, cette dernière collecte permis à l'Aéro-club, à présent opérationnel, d'étoffer sa flottille alors porté à six appareils pour 72 pilotes certifiés. En sus de ces avions, les premiers modélistes s’endimanche pour faire voler à Lenfant leurs bolides miniatures.<o:p></o:p>

    C'est peut-être la venue du Lieutenant Général d'Astier de la Viguerie qui a précipité la fermeture du site. Venu sur place le 5 août 1938, le haut dignitaire devait être la dernière huile à poser devant l'enseigne Renault-Caudron. Pour des raisons stratégiques l'aéroport est transféré en 1939 à l'emplacement actuel de l'Aérodrome des Milles. Ce choix correspond aux faibles possibilités de défense du terrain de Lenfant. Pour ce dernier tout est finit et c'est durant la deuxième guerre que ce dernier sera détruit ou plutôt recouvert de déblais divers. Cette œuvre, probablement allemande, correspond à la volonté des occupants de maitriser les espaces aéroportuaires. Alors que Lenfant est rayé de la carte, les abords de l'Aérodrome des Milles sont truffés de bunker comme Route d'Apt.<o:p></o:p>

    Réduit à l'état de tertre, le Terrain d'aviation de Lenfant aura été l'un des plus éphémères de son espèce. <o:p></o:p>


    6 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique