• UNIVERSITE DES LETTRES ET ET SCIENCES HUMAINES

    AIX-MARSEILLE I

     

    MEMOIRE

    pour l'obtention du diplôme de Master II de sociologie

     

     

    par Simon LEFRANC

     

    "L'opérateur de production sur ligne de médicaments : de la réalisation des préparations en arrière-salle d'officine à la production de médicaments depuis des plates-formes industrielles interchangeables"

     

     

     

     

     

     

     

    Mémoire réalisé sous la direction de

    Pierre Fournier

     

    Aix-en-Provence

    Année 2008-2009

     

     

    Remerciements

     

    Dans un premier temps je tiens à remercier Pierre Fournier pour son rôle de conseil, son implication dans mes projets de recherche et notamment dans le cadre de l'année de Licence 3 et par la suite dans la réalisation du mémoire de Master 1. C'est tout naturellement que je lui ai demandé d'être mon directeur pour ce mémoire de Master 2.

     

    J'adresse également mes remerciements aux salariés des usines ou des agences d'intérim qui ont bien voulu me fournir des renseignements, se prêter à des séquence d'entretiens.

     

    Enfin, je remercie mes professeurs de Master et mes collègues de travail et de Master, en particulier Elsa Forner-Ordioni, Mathieu Flinois et Sylvain Cavard, pour leur soutien, leur apport et leurs encouragements tout au long de l'année.

     

    Introduction                                                                                                               

     

    Du champ de référence à l'objet de recherche : un parcours

     

    Le champ de la santé dans sa forme actuelle offre de nombreuses possibilités en matière de recherche notamment sociologique. En effet, d'une part la complexité des mécanismes, des différentes représentations en usage dans le champ de la santé suscite un questionnement et d'une autre part, la carence de travaux menés selon des bases, des termes relevant des Sciences sociales stimule, aiguise notre curiosité sociologique. Ce manque d'informations, de ressources n'est toutefois pas univoque entre les différentes voies d'analyses ou de descriptions disponibles.

     

    En effet, de nombreuses sources proposent du contenu ayant trait à la santé et à ses métiers. Bien souvent ces sources sont alimentées par les acteurs eux-mêmes. Ces derniers, la plupart du temps reconnus, voir consacrés comme des professionnels, ont tendance à choisir des termes nobles pour construire leurs discours et à rendre ces derniers disponibles par le biais de publications professionnelles. Cet effort vise plus à maîtriser, à construire l'étiquette d'une activité par et pour les professionnels qu'à informer le public.

     

    Dès lors, pour entreprendre une recherche relevant d'une étude sur le champ de la santé, il nous incombe de dresser un état des lieux du savoir constitué puis de tenter des classements afin d'isoler en groupes les différentes publications. Ainsi nous pouvons démêler le corpus et celui-ci observé sous la forme de segments, révèle les différents acteurs ou groupes d'acteurs comme autant d'auteurs à l'origine des multiples publications.

     

     

    Cet exercice peut s'apparenter à une première prise de contact ayant pour fonction d'évaluer la pertinence de notre objet de recherche par rapport à son champ de référence. Il s'agit d'autre part de mener une étude en lien avec une entreprise de recherche déjà amorcée. A cet effet, notre travail s'inscrit comme une suite, un prolongement de l'année universitaire précédente durant laquelle notre intérêt était centré sur l'activité de répartition des médicaments.

     

    Nous avions isolé, puis positionné cette activité en l'articulant avec les différents systèmes normatifs inhérents à ce type de structure. L'un des buts poursuivi était alors de mieux connaître le parcours des médicaments et de produire du savoir sur un aspect peu observé de la chaîne de vie des produits issus des usines de l'industrie pharmaceutique.

     

    Dans cet élan, il semble logique de compléter nos travaux d'étude en retenant à l'occasion de cette recherche un objet proche et connexe de la thématique précédemment traitée. Notre questionnement porte à présent sur l'étape de la fabrication industrielle des médicaments, sur la main d'oeuvre mobilisée pour fabriquer depuis un ensemble de poudres, de liquides un médicament au moyen de complexes machines agencées en chaîne de production.

     

    Cette organisation de travail permet, à notre sens, de donner du relief et d'induire une cohésion d'ensemble à notre investissement universitaire. Pour y parvenir nous prenons garde de sélectionner comme objet pour nos différentes recherches des objets sociologiques liés les uns par rapport aux autres. La définition de correspondance entre plusieurs objets de recherche doit toutefois être réalisée avec prudence. Dans ce sens, il s'agit d'éviter de poser des articulations qui paraîtraient logiques ou d'une visibilité immédiate.

     

    A partir de cette organisation de travail, nous questionnons notre champ de référence et les résultats déjà obtenus afin de construire notre nouvel objet de recherche. Nos investigations à propos de l'activité de distribution de médicaments nous ont permis de mettre en relief l'abondance des règles et normes incluses dans le secteur de référence mais également l'instabilité des entreprises distributrices de médicaments en terme d'identité ou de positionnement géographique. Nous avions, au cours de cette enquête, basé notre approche sur l'action des travailleurs qui effectuent le "sale boulot", sur ces hommes qui préparent des colis de médicaments au sein d'entrepôts soumis à un ensemble de dispositifs de contrôle. En somme, l'enquête portait sur l'étude d'une catégorie d'ouvriers rigoureusement encadrés.

     

    En quoi les tâches des manoeuvres oeuvrant à la fabrication de médicaments sont-elles différentes d'autres effectuées dans des environnements de travail différents ? En quoi le secteur de l'agroalimentaire se distingue-t-il de celui de la production de médicaments ? Comment les acteurs distribuent-ils ou s'approprient-ils respectivement les attributs d'une profession ou d'un secteur d'activité ?

     

    Ce type de questionnement renvois à pratiquer un examen du statuts des différents acteurs mais également à considérer avec attention les représentation de ces derniers à observer les jeux d'intérêts compris dans les relations établies entre employeurs et employés. Le secteur de l'industrie pharmaceutique requiert l'adoption de protocoles particuliers définis selon des normes spécifiques au moyen de supports tels que les normes produites par l'organisation ISO.[1]Le Code de la santé publique fournit un premier cadre légal complété par une somme d'initiatives privées. Dans le cadre de la production industrielle de médicaments par exemple, l'expression "processus de transformation" est strictement codifiée par le texte de la norme ISO 2009 selon cette définition : "toute activité qui reçoit des éléments d'entrée et les transforme en éléments de sortie peut être considérée comme un processus[2]". De même, la norme ISO 13485 formalise ainsi le profil requis pour les hommes ayant en charge la fabrication de médicaments : "le personnel effectuant un travail ayant une incidence sur la qualité du produit doit être compétent sur la base de la formation initiale et professionnelle, du savoir-faire et de l'expérience".

     

    Le niveau des normes admises formellement comme des règles est très important dans le champ de l'industrie et plus spécifiquement lorsque les produits fabriqués sont destinés à être consommés au sens littéral du terme. La différence entre les multiples modes de consommation, entre les aliments et les médicaments, entre une lotion solaire ou un pansement est prise en compte par des niveaux de règlement particulier, spécifiques à l'exercice de certaines tâches ou à certaines applications industrielles. Les différents niveaux de normes peuvent être objectivés comme autant de dispositifs structurants mis en place et visant à assurer un contrôle des activités industrielles et celà depuis le cadre le plus général jusqu'au cadre le plus particulier.

     

    Ainsi la plupart des actions, des relations en vigueur au sein des établissements amenés à manipuler des médicaments sont étroitement encadrées par un jeu de normes tout spécialement adapté. A partir de cette singularité nous recherchons les liens entre degré d'intensité des systèmes normatifs et définition des différents postes de travail. Il s'agit, dans le cas de l'industrie pharmaceutique, de travailler sur la notion de risque par rapport à une activité particulière. Comment la prise de responsabilité inhérente à la fabrication de remèdes est-elle recompensée ?

     

     

    Si au 19ème siècle les maux étaient guérit au moyen de préparations fabriquées en arrière-salle d'officine par des mains expertes[3], de nos jours les substances aux vertus thérapeutiques sont assemblées en série par le biais des opérateurs de production. Ce transfert de compétence en perpetuel évolution marque de la complexité de fixer une tâche ou un ensemble de tâches à un secteur d'activité spécifique. Il s'agit par l'étude du profil d'opérateur de production en usine de médicaments de comprendre une partie des mécanismes provoquant la mise en marchés des pratiques professionnelles.

     

    Dans le même temps, nous pouvons mesurer et prendre en compte les dispositifs imaginés par les groupes membres de l'industrie pharmaceutique dans le but de réaliser une synthèse entre les impératifs de maîtrise des coûts en terme de main d'oeuvre, et les impératifs en terme de lutte contre les risques. Ce deuxième volet est le plus souvent représenté au sein des entreprises sous le terme générique de qualité.

     

    Les hommes de l'industrie pharmaceutique comme facteur de qualité

     

    Dans le cadre de l'étude de la chaîne de vie des médicaments, nous mettons à présent l'accent sur la suite de tâches constituant la phase de fabrication, la phase d'assemblage finale des produits pharmaceutiques. Il s'agit de comprendre comment au sein des sites de production de médicaments, des jeux de relations entre ressource humaine et idéal de qualité permettent la délivrance de marchandises objectivables sous le terme légal de médicament. Par ailleurs, nous glanons parmi les habitudes des acteurs et par l'observation des parcours d'individu les usages relatifs à la prise en compte, à la reconnaissance de la main d'oeuvre engagée au niveau de la production au sein des usines d'assemblage de médicaments. L'une des trames de notre enquête est la question des conséquences du passage de la fabrication artisanale des spécialités dans les officines du siècle dernier à la production industrielle de nos médicaments en usine.

     

    La question des modes et des termes de gestion du personnel au sein des sites de production de médicaments apparaît comme intéressante. En effet à première vue, le sens commun prête à construire une représentation très clinique des lieux où sont assemblés les médicaments consommés par tous. Or, les tâches nécessaires à la fabrication des produits sont essentiellement accomplies au sein de sites et par des opérations relevant du milieu industriel.

     

    De même, le cliché historique de l'atelier en arrière-salle d'officine où sont réalisés des préparations magistrales correspond à une vision romantique du médicament, un produit devenu quasi-exclusivement industriel à partir de 1900[4]. Si l'étape amont de la production en série, celle de la création de formules aux destins thérapeutiques renvoie à un univers scientifique ou à un référentiel d'ordre médical, quand est-il de l'étape suivante, celle de la production industrielle de substances médicamenteuses en usine ?

     

    Comment les hommes et les femmes assurant le fonctionnement des processus d'assemblage des différents composants des remèdes sont-ils sélectionnés ? Sur quelles bases la délégation de confiance nécessaire et à destination des employés ayant en partie pour charge notre médecine est-elle consentie ? Par quel mécanisme de contrôle ou de gratification les industries pharmaceutiques parviennent-elles à réduire au minimum, au moins en apparence, les risques liés à la distribution de médicaments ?

     

    A notre sens, le facteur humain joue un rôle prépondérant dans la mesure où ce dernier offre des possibilités de manoeuvre interne pour les entreprises dans un secteur où les environnements politique, légal, économique, technologique ou encore environnemental agissent comme des structures contraignantes.

     

    Pour apporter un éclairage sur l'interaction entre qualité de la production et qualité de la main d'oeuvre nous décortiquons la composition du personnel opérant au sein des sites de production de médicaments. Nous portons notre intérêt sur les individus affectés à la production, sur les agents opérant directement à la fabrication en masse de produits destinés à des soins médicaux.

     

    Si " la division médicale du travail est connue pour la rigidité de sa hiérarchie. La place dans celle-ci est en relation avec le degré d'impureté des fonctions remplies". Paradoxalement Hugues constate "qu'une définition rigide des rôles et des grades est de règle dans ce système[5]". Quand est-il dans ces conditions du grade, de la place accordée aux travailleurs postés sur les chaînes de production pour le compte de grands groupes opérant dans le secteur de l'industrie pharmaceutique ?

     

    Cette idée de cibler le temps de l'assemblage des médicaments comme un objet d'étude s'inscrit dans notre volonté de questionner l'influence des normes en vigueur dans l'industrie pharmaceutique exercée notamment sur les travailleurs de ce secteur. Par extension, nous mettons en parallèle le produit médicament et les normes particulières inhérentes à sa fabrication.

     

    Pour rendre au mieux de l'objet sélectionné et positionner au mieux notre recherche, nous retenons l'homme comme notre unité épistémologique principale. En effet, nous concentrons nos investigations sur les parcours, les représentations des individus pour mieux mettre à jour les distinctions entre les représentations institutionnalisées des formations, du travail opérationnel dans ce secteur et les matériaux récoltés au cours de l'enquête.

     

    Sans renoncer à aborder les thématiques relatives aux différentes agences, règles et représentants des autorités ayant en gestion la sécurité sanitaire en lien avec les médicaments, nous nous intéressons ici aux profils de ceux qui le plus souvent, désignés sous le libellé "opérateur de production", assurent par leur travail quotidien la fourniture de substances soumises à des enjeux de la plus hautes importances La maîtrise, le contrôle de la production industrielle de médicaments  représente en effet dans les sociétés modernes un pouvoir de premier plan.

     

    En ce sens, le secteur d'activité exploré est très étroitement encadré. Les états pour s'assurer de conditions sanitaires satisfaisantes doivent pouvoir compter sur des fournisseurs de médicaments ou de produits de soins réguliers et sûres. L'exemple récent de la grippe A H1-N1 caractérise les tensions et les responsabilités, subies ou offertes selon les situations, aux groupes proposant de fournir une forme de vaccin[6]. Cette situation prélevée dans l'actualité illustre l'inter-dépendance existante entre les structures étatiques ayant pour charge d'organiser légalement, socialement la distribution de médicaments et les acteurs et groupes d'acteurs intervenant dans la production de ces mêmes médicaments.

     

    Le travail en trois temps : la formation, le recrutement et l'exercice

     

    Dans un premier temps nous ferons une lecture des voies de formations possibles pour accéder à la position d'opérateur de production. Depuis ce panorama, il s'agit de comprendre l'origine de cette main d'oeuvre et le degré de formalisation du savoir détenu par celle-ci. Ce focus sur l'offre de formation disponible livre un instantanée de ce que peut signifier de nos jours la possession de licence pour l'exercice de tâches spécifiques et donne à voire de la traduction des titres et diplômes en un métier lui-même intégré dans une profession.

     

    Dans un second temps nous zoomerons sur le moment du recrutement qui intervient par principe en prolongement du temps de formation, d'apprentissage; même si ces deux temps peuvent parfois être confondus. Le temps de l'embauche peut correspondre au moment où l'individu se démarque des autres par l'adoption de "défense vis à vis du monde profane[7]". Ainsi définit le passage entre temps de formation et temps de travail implique pour le nouvel initié l'usage de codes spécifiques dont l'une des fonctions est de coller au plus juste aux attentes de l'employeur.

     

    Par le biais d'annonces d'offres d'emploi déployées sur différents supports, les groupes de l'industrie pharmaceutique recrutent leur main d'oeuvre. Si dans un premier temps, les outils utilisés pour le recrutement des opérateurs de production apparaissent comme relativement communs, nous pointerons dans un second temps l'existence de spécificités liées au segment de main d'oeuvre étudié.

     

    Depuis la diversité des appellations utilisées pour signifier d'une même tâche jusqu'au très large panel des licences signalées comme indispensables ou représentant de sérieux "plus" au niveau des  différents supports de recrutement, il s'agit de reconstituer les grandes lignes désignant le parfait candidat. La construction de cet idéal-type permet d'envisager de façon concrète les divers modèles de recrutement utilisés par les groupes membres de l'industrie pharmaceutique.

     

     

    Le milieu de travail et son exercice à proprement parler est traité par la suite dans une troisième partie. Pour ce faire nous confrontons les parcours des individus rencontrés, les matériaux accumulés aux parcours historiques de plusieurs sites de production de médicaments. Cette méthode nous permet d'envisager le métier d'opérateur selon un point de vue particulier depuis lequel nous vérifions les conclusion de Sophie Chauveau selon lesquelles "en France et en Allemagne, l'industrie pharmaceutique est fille de l'officine, de la droguerie et de l'industrie chimique[8]". La taxinomie retenue pour présenter l'activité étudiée vise à proposer un axe de progression logique dans la délivrance du savoir. Le temps du travail nous semble intervenir comme un prolongement du temps de formation puis du temps de recrutement. Durant la phase de travail s'opère une traduction du savoir détenu, des qualités développées en conditions et consignes de travail.

     

    Depuis un environnement général, normalisé par des normes de l'organisation ISO, des règles légales intitulées "Bonnes pratiques de fabrication" ou encore des consignes de l'AFSSAPS, nous évoluons vers des cadres plus particuliers observés au sein d'unités de fabrication de médicaments. Notre questionnement porte alors sur les moyens, les outils utilisés pour formaliser les postes de travail. Le but pour les groupes de l'industrie pharmaceutique est de parvenir à élaborer des produits de haute qualité dans un contexte et dans des conditions qui demeurent industrielles.

     

    De la bibliographie comme indicateur d'un champ laissé en friche

     

    L'angle retenu pour mener notre recherche à la commodité d'offrir une multitude de possibilités pour la collecte de matériaux. Toutefois, l'usage des ressources, des moyens doit répondre à un certain ordre hiérarchique et être présenté rationnellement de façon à aboutir à un écrit qui ne se limite pas à proposer une masse hétérogène d'informations si pertinentes soient-elles.

     

    Pour éviter cet écueil, il importe d'envisager toutes les possibilités puis de classer ces dernières en fonction de critères eux-mêmes arrêtés par rapport aux possibilités offertes par dans les conditions et au moment de la recherche. Le passage d'une méthode à son application concrète apparaît très vite comme une première limite. En effet si il est relativement aisé d'imaginer des solutions pour explorer un objet, il est beaucoup plus difficile de les mettre en application. Cette sorte de barrière entre le chercheur et l'objet retenu participe à déformer celui-ci, à limiter les objectifs de résultat.

     

    La quantité de recherche sur le médicament en tant qu'objet sociologique n'est à l'heure actuelle pas très importante. Pour s'en convaincre nous constatons le peu d'ouvrages disponibles à ce sujet et rédigés par des sociologues. Ce panorama n'est toutefois pas désertique mais, selon François Vedelago[9]Sociologue spécialiste du champ de la santé, "est demeuré presque en l'état depuis la publication de l'ouvrage L'invasion pharmaceutique[10]par Jean-Pierre Dupuy et Serge Karsenty" en 1974. L'accent est alors mis par les deux sociologues sur les politiques menées en terme de recherche par les industriels du médicament qui selon les auteurs ne visent pas à proposer de réelles innovations. On peut également citer l'ouvrage plus récent de Philippe Urfalino : Le grand méchant loup pharmaceutique Angoisse ou vigilance ? [11]. qui met également en relief le processus de marchandisation des médicaments. D'autre part de nombreux articles en liens avec les médicaments et plus largement avec l'industrie pharmaceutique sont disponibles. On citera notamment la base de données CODECS[12]qui propose un total de 820 articles sur la thématique imposée de "l'évaluation économiques des actions de santé en France".

     

     

    Ce fond documentaire est piloté par l'INSERM en collaboration avec "les membres associés" qui ont en charge d'alimenter la base de données. L'INSERM[13]créée en 1964 met en oeuvres des "scientifiques qui travailllent à améliorer la santé humaine[14]" au moyen d'un réseau fort de 316 laboratoires implantés au sein des centres hospitaliers mais également par le développement plus récent de partenariats avec 300 organismes ou groupes privés actifs dans le secteur des médicaments. L'INSERM pose les liens manquant entre les différentes unités de recherche publique et définis pour partie les priorités en terme de choix des programmes scientifiques à développer. A partir des années 1990, l'INSERM va tisser des liens en marge du secteur public notamment avec les industriels du médicament. La base d'articles CODECS représente une manifestation symbolique de ce rapprochement historique.

     

    Si le nombre des publications dans CODECS est très important, ces dernières portent toutes sur les investissements potentiels ou réalisés des groupes de l'industrie pharmaceutique en terme de santé publique. Il s'agit plus d'un corpus visant à justifier le choix des politiques conduit par les groupes en terme de développement que d'une base de données constituées à propos de la santé. L'association entre l'INSERM et les plus grands producteurs de médicaments offre un exemple des liens établis entre l'état et les acteurs du secteur comme pour maintenir sur le secteur de la santé une influence puissante.

     

    Comme nous pouvons le constater, la faiblesse des parutions à propos du médicament n'est pas valable pour toutes les sortes de parutions. On peut relever pour illustrer notre propos, outre le fond de la base CODECS asservie aux industriels, l'importance du nombre d'ouvrages grand public consacrés aux médicaments[15]et le plus souvent rédigés par des individus assimilés au champ de la santé. Ce point d'attachement entre individus et champ d'appartenance est le plus souvent caractérisé notamment par la détention de titres - apparenté à l'exercice de la médecine ou aux sciences naturelles - par les auteurs d'ouvrages commis à propos du champ de la santé et plus spécialement du médicament.[16]

     

    Certains de ces ouvrages sont de véritablebest-seller et font même parfois l'objet d'une parution annuelle à la façon d'un annuaire. Ce type de parution est proposé sous des titres tels que "Guide du bon usage des médicaments" ou encore "Médicament pratique" et propose un état annuel de l'offre française en terme de médicaments. A côté de cette bibliographie tous public, rédigée au moyen de termes accessibles, débarrassée de toute profondeur scientifique coexiste une littérature plus spécialisée.

     

    Cette autre grande typologie d'ouvrages relève d'un usage professionnel. Traitant des médicaments, ces parutions par opposition au groupe d'ouvrages précédents, sont rédigées selon des termes extrêmement techniques qui nécessitent pour une compréhension minimum une parfaite connaissance du langage scientifique – admit comme professionnel pour décrire les processus de fabrication des médicaments et les interactions possibles entre ces derniers et le corps humain. Du reste, le niveau de langage utilisé dans ce type d'ouvrage induit une demande réservée pour ces derniers. En ressort une offre de lecture, un accès au corpus destiné exclusivement aux personnes formées pour comprendre le sens contenu.

     

    Cette situation d'une bibliographie scindée entre spécialistes et non-spécialistes annonce à notre sens un haut degré de protection des membres du champ de la santé et plus spécifiquement de ceux qui y sont accrédités comme des professionnels. Il s'agit pour les membres de cette profession de maintenir un écart constant avec les profane. L'usage d'un registre lexical constitue un outil efficace pour préserver la profession d'un déclin et ainsi d'assurer à au moins une partie de ses membres une position symbolique élevée au sein de l'ordre social en place.

     

    Notre objet de recherche reste centré sur la fabrication des médicaments et ne porte pas, au moins dans notre intention, sur d'autres dimensions. Or, dans le processus de fabrication des médicaments plusieurs personnages, plusieurs profils sont au fil de l'enquête identifiable. Nous pourrions poser en premier lieu comme point de distinction entre les individus dans ce secteur le degré de connaissance détenu à propos du champ de la santé et par extension du champ médical par chaque acteur ou catégorie d'acteurs. En effet, si l'on retient pour identifier le champ du médicament les parutions qui y sont associées on peut constater l'existence d'une forme d'habilitation attribuée en fonction du niveau de maîtrise, du choix des termes employés par les professionnels.

     

    Cette dichotomie perceptible par l'étude du registre de langue utilisé, par l'observation des jeux de références cités et même par l'analyse de la symbolique employée entre sens commun et sens savant permet de construire au sein des professionnels un premier niveau de hiérarchie.

     

    Certaines publications commises à propos des médicaments sont éditées par les groupes de l'industrie pharmaceutique. Ainsi, les producteurs de médicaments, ceux qui concrètement fabriquent les médicaments et qui par des circuits de distribution rendent ces derniers accessibles aux marchés, proposent leur propre supports d'informations.

     

    Le contenu des publications oscillent alors entre espaces purement publicitaires et articles connexes aux produits vendus sous licences par les groupes de l'industrie pharmaceutique. Par l'entremise de ces supports, les industriels renforcent le degré de contrôle, d'influence sur le marché des médicaments. Il importe pour les groupes d'être objectivé par le public comme l'interlocuteur premier en matière de santé public, comme un prolongement de l'organisation institutionnelle ayant en charge la sécurité sanitaire des populations.

     

    La toute puissance accordée aux industriels membres du secteur pharmaceutique tout au long de la chaîne de vie du médicament est toutefois à relativiser. Comme nous le verrons par la suite, le médicament et sa fabrication fait intervenir, en sus des industriels, d'autres types d'acteurs. Sur le parcours de toute gélule, de tout cachet labelisé par l'AFSSAPS comme un remède efficace, des acteurs institutionnels - membres des structures officielles référentes en matière de gestion des produits médicamenteux - ou encore des clients – que ces derniers soient des particuliers ou des clients institutionnels à l'image des centres hospitaliers, des cliniques ou encore des maisons de retraite – sont présents.

     

    Si l'on mobilise uniquement les ressources bibliographiques pour investiguer à propos de la fabrication des médicaments, les recherches apparaissent très vite comme limitées. Les seules ressources mobilisées donnent un ensemble d'une homogénéité inquiétante. Cette réflexion renvoie à nos craintes de succomber à la tentation de rendre à propos de la fabrication des médicament une étude basée sur  seuls supports officiels. De plus, le personnage du chercheur, du découvreur est souvent mis en avant dès lors qu'un article traite du médicament.

     

    Ce type d'article est souvent rédigé selon une perspective historique prenant comme référence la phase de recherche sur une molécule jusqu'à l'invention du médicament. La situation de fabrication industrielle, d'assemblage des différents éléments selon une formule dans le cadre d'une production industrielle est peu évoquée. En quelque sorte une part seulement du processus est rendue visible, tandis que la recherche fait l'objet de nombreuses publications, la fabrication des médicaments semble secondaire.

     

    Cette absence de promotion, de ressource sur un point donné d'une activité suscite une suite de questions et attire l'oeil de sociologue. L'un des enjeux de cette recherche est de mobiliser des matériaux permettant de rendre de la phase d'assemblage des médicaments. A travers cette mobilisation nous cherchons à offrir une somme de connaissances sur les individus et les activités entrant dans la phase de fabrication des médicaments. Pour parvenir à nos fins plusieurs pistes de travail sont envisagées.

     

    Il s'agit de pénétrer des lieux réputés hermétiques et soumit à un fort contrôle. Cette spécificité caractérisée par un haut degré de protection des sites est en lien avec la définition d'une activité comme "à risque". En effet, les risques sanitaires potentiels rentrant dans le processus de fabrication des médicaments sont largement médiatisés et matérialisés par le concept de pharmacovigilance. Cette mise en forme de la notion de risque relève comme nous le verrons d'une succession d'initiatives prisent par des acteurs aux légitimités hétérogènes.

     

    Sources méthodes et matériaux

     

    La technique consiste à rassembler un grand nombre de demandes déposées par des employeurs issus de l'industrie pharmaceutique pour pourvoir en personnel leurs sites de production. De telles investigations comportent l'avantage de pouvoir quantifier sur des offres visibles, offertes à tous les statuts proposés aux candidats. La visibilité des offres est ici entendue par le libre accès dont ces dernières font l'objet. En effet, nous retenons comme l'un de nos matériaux les offres disponibles sur plusieurs sites internet et revues dédiés aux placements des travailleurs. A côté du site gouvernemental "Pôle emploi", d'autres sites proposent de mettre en relation offres et demandes de travail. Pour classer ces différents sites et rendre de toutes leurs spécificités, nous retenons trois groupes de référence.

     

    Le premier groupe sert à ranger les sites officiels, gouvernementaux, caractérisés d'une part par le site Pôle emploi et d'une autre part par un ensemble d'infrastructures connexes à la politique de l'emploi. Le deuxième groupe constitué réunit des sites spécialisés dans les offres d'emplois et parfois plus largement dans l'exploitation du concept de petites annonces. Enfin, un dernier groupe rassemble des sites spécialisés dans l'exercice de recrutement de personnel évoluant dans certains secteurs bien particuliers comme ceux de la santé ou encore de l'industrie.

     

    La prise en compte de tels matériaux est à notre sens un bon moyen d'isoler les profils construits pour cristalliser au travers du texte d'une offre d'emploi les attentes des employeurs. Il s'agit de lister ce qui par récurrence constitue au final la définition professionnelle de l'opérateur de fabrication – ou de production. La définition d'un emploi peut être ici objectivée par la façon dont celui-ci est représenté, vendu sur les différents marchés du travail. Sans retenir une telle définition comme une réalité sociale, sans objectiver ce que peut être le travail d'un homme depuis un descriptif nous envisageons de prendre en compte la puissance de ce type de représentations.

     

    L'exigence d'une main d'oeuvre capable et qui part son investissement pourrait apporter une rentabilité nécessaire à l'entreprise apparaît comme un préalable posé à toute campagne de recrutement. Depuis ces matériaux, il importe pour nous d'identifier ce que les individus doivent savoir, doivent maîtriser pour répondre pleinement aux attentes des employeurs. Les tâches accomplies au sein des unités de fabrication de médicaments peuvent être de plusieurs ordres. Il est difficile d'esquisser un idéal-type des tâches effectuées comme il paraît également improbable de proposer un inventaire exhaustif de celles-ci.

     

    Toutefois, en recueillant sur certains terrains et dans certains supports bibliographiques des témoignages, des descriptions de l'activité de production de médicaments telle que celle-ci se déroule en France à l'heure actuelle nous pouvons proposer une restitution valable de ce qui doit être accompli par celui qui ayant répondu à l'une des annonces sélectionnées serait retenu.

     

    Comme pour augmenter nos chances de découvrir le maximum d'éléments au cours de nos investigations nous cherchons à diversifier les supports de connaissance. Il s'agit d'exploiter tout ce qui se révèle être à notre porté d'autant plus que certaines portes nous ont déjà été fermée. Ce dernier point agit finalement comme un agent stimulant pour notre entreprise de recherche au sens où donnant l'envie de dépasser le stade de ces pistes inabouties.

     

    Séverin Muller[17]au cours de nombreuses enquêtes à propos et au sein même d'abattoirs rend dans le détail des tâches, des opérations accomplies par les travailleurs positionnés à chacun des postes dans les différents ateliers. Il y a là présenté un ensemble de profils : du personnage traditionnel du boucher officiant dans des tueries privées à la fin du 19ème siècle jusqu'aux postes de travail contemporains aux désignations évoquant une division du travail très avancée avec des libellés de postes tels que "le saigneur, le tueur ou encore le désosseur".

     

    Notre investissement ne nous a pas permis, dans un premier temps, comme Séverin Muller de pénétrer l'intimité du labeur des hommes et des femmes, de revêtir au moment de l'embauche la tenue de l'entreprise ou de porter en milieu professionnel tels ou tels équipements de protection. Pour pallier à ce manque nous compulsons une littérature très spécialisée et portant sur l'organisation des ateliers. Il s'agit la de parutions telles que des guides techniques ou encore des fiches de sécurité proposant de visiter d'une certaine façon des unités de fabrication. L'angle retenu dans ce type de publications pourrait être qualifié de technique ou au moins visant à des applications d'ordre commercial. Il s'agit de mieux maîtriser l'espace, de réaliser des économies en réorganisant le lieu de travail selon différentes modalités.

     

    L'origine de ces parutions est relativement hétéroclite et s'ajuste en fonction d'un public spécifique. La littérature ayant trait à l'architecture par exemple marque un intérêt régulier pour l'industrie pharmaceutique et comprend, notamment par le biais de revues[18], des sujets représentant d'intéressantes sources de renseignements pour comprendre, depuis un certain angle, le travail effectué dans les ateliers. Les industriels eux-même produisent des plaquettes et parfois même des ouvrages à propos de certains de leurs sites de production.

     

    Cette démarche n'est pas à rattacher exclusivement au secteur de l'industrie pharmaceutique dans la mesure où de nombreux secteurs éditent de la documentation à propos de leur fonctionnement, de leur usines de fabrication Dans le cas de l'industrie pharmaceutique nous avons réuni quelques plaquettes ou supports présentant des ateliers de production.

     

    A partir de cette somme de documentations nous renforçons notre savoir sur l'organisation de l'espace et sur les procédés techniques utilisés dans le cadre des opérations d'assemblage des médicaments[19]. En dépouillant notre corpus bibliographique l'idée de catalogue apparaît très vite comme dominante. En effet les sources les plus nombreuses et les plus disponibles au public proviennent d'entreprises se présentant comme opérant dans le cadre de l'industrie pharmaceutique ou au moins membre du secteur de la santé. Cette perspective conduit a mener une réflexion sur l'importance du matériel dans la définition des différents postes de travail depuis la formulation de ces derniers au travers des offres d'emplois jusqu'aux expériences des agents de production et l'énumération des tâches comprises durant les temps de travail. Les ateliers et leurs usages renvois au respect d'un règlement intérieur dont la présence au sein de chaque entreprise engage à une utilisation contractuelle des locaux.

     

    Cette sorte de documentation qui fait l'objet d'un affichage obligatoire dans les entreprises employant plus de vingt salariés[20]rend-telle vraiment du rapport entre les individus et leurs lieux de travail ? Sur ce point nous avions pu constater au sein de l'entreprise de distribution de médicaments Huilex du décalage entre travail réel des agents et conduites, consignes comprises dans le règlement intérieur. Du reste, le règlement chez Huilex ne proposait qu'un état figé, qu'une référence limitée temporellement dans la mesure où de l'aveu même du responsable de la structure le règlement intérieur avait été rédigé "à l'ouverture de la boite" et n'avait depuis jamais été révisé –  celà représente une période de cinq années.

     

    Traiter du travail uniquement à partir d'une source composée de documentations apparaît vite impossible ou au moins risqué. Comment en s'en tenant éloigné qualifier une activité de travail ? Comment, depuis un dépôt d'archives et s'en en sortir prétendre rendre du travail ? Il s'agit de trouver un point d'équilibre entre connaissance du contexte, du champ de référence, du cadre de notre enquête et réalité du terrain à propos duquel s'articule nos réflexions



    [1]L'organisation ISO – Organisation Internationale de Normalisation - édicte de nombreuses normes dans des champs d'application très différents. Cette organisme basé en Suisse regroupe au sein d'un conseil des clients adhérents et des experts techniques. Les normes commandées ou proposées ont pour fonction de formaliser des activités au sein d'espaces sociaux spécifiques. Le respect de la norme édictée représente alors une valeur sécuritaire, une plus-value parfois obligatoire pour accéder à certains marchés. A propos de la production de médicaments, l'organisation ISO propose de nombreux supports, qu'ils s'agissent de normes en matière de matériels comme en matière de processus ou de définition des postes de travail. La publication de la norme ISO 15378:2006 par ISO en 2006 correspond à la traduction normative des Bonnes Pratiques de Fabrication. A ce propos, Jürgen Thürk animateur au sein du groupe de travail "industrie pharmaceutique" chez ISO, décrit ainsi cette nouvelle référence normative : "La norme est d'une importance vitale pour l'industrie pharmaceutique et ses fournisseurs de matériaux d'emballage primaire. Pour la première fois, les principes de bonnes fabrication sont spécifiées dans le cadre d'une norme ISO".

    [2]Selon la norme IS0 9001 - V2000.

    [3]Chauveau Sophie, "Les origines de l'industrialisation de la pharmacie avant la première Guerre mondiale", Histoire économie et société, vol. 14, 1995. Jusqu'au milieu du 19ème siècle, la fabrication des préparations est assurée par l'apothicaire ou par des aides apothicaire, du reste le processus reste artisanale, le plus souvent officines et ateliers sont confondus.

    [4]Chauveau Sophie, loc. cit., p.9.

    [5]E.-C. Hugues,Le regard sociologique, Paris, EHESS, 1996, p. 64.

    [6]Le Ministre de l'intérieur, M. Brice Hortefeux répondant à un député, à l'occasion d'une séance de question d'actualité au gouvernement au Sénat le 11 juillet 2009 – n° 0352G de M. Jean Milhau à M. Brice Hortefeux - , a évoqué l'achat par la France de "94 millions de doses de vaccin, le tout pour un montant de un milliard d'euros, auprès de trois laboratoires pharmaceutiques".  La quantité de vaccin commandée permet de traiter les deux-tiers de la population française dans la mesure où deux doses sont nécessaires pour vacciner un individu. Le nom de ces trois groupes n'est pas précisé dans le communiqué de monsieur le Ministre. Il s'agit des groupes pharmaceutiques Sanofi, GlaxoSmithKline et Novartis.

    [7]E.-C. Hugues,Le regard sociologique, op. cit.

    [8]Chauveau Sophie, loc. cit., p. 10.

    [9]F. Veldago est Maître de conférences en Sociologie et directeur scientifique de la revue Sociologie Santé.

    [10]J.-P. Dupuy et S. Karsenty, L'invasion pharmaceutique, Paris, Seuil, 1974.

    [11]P. Urfalino, Le grand méchant loup pharmaceutique Angoisse ou vigilance ?, Paris, Textuel, 2005.

    [12]La base CODECS réunie un fond d'articles – 820 articles au 1ier janvier 2009 – autour du thème "l'évaluation économiques des actions de santé en France". Dans le cadre de cette entreprise, l'état par l'entremise de l'INSERM est associé aux groupes membre : Bayer Pharma, Canam, Fournier, Glaxo, Merck, Novartis, Pfizer, Roche, Sanofi-Aventis, Servier, Smith Kline Beecham – cette liste n'est pas exhaustive.

    [13]INSERM Institut National de la Santé et de la Recherche médicale a été créé en 1964 pour succéder à l'INH Institut National d'Hygiène lui-même fondé EN 1941. L'INSERM dépend du Ministère de la Santé et de la Recherche.

    [14]Le portail internet de l'INSERM propose une rubrique titrée "Qu'est-ce que l'INSERM" contenant une définition du rôle de cette institution : "l'INSERM travaille à améliorer la santé humaine".

    [15]Le catalogue de la FNAC comporte 449 références d'ouvrages traitant des médicaments.

    [16]Les auteurs des sept meilleurs ventes d'ouvrages à propos des médicaments à la FNAC en juillet 2009 sont : Histoire et médicaments au XIXème et XXème par Christian Bonnah (médecin) et Anne Rasmusen (historienne), En finir avec le cholestérol et les kilos en trop par Michel Lebel (écrivain), Le sport est un médicament bio par Gilles Orgeret (kinésithérapeute), Par où passe le médicament de Eric Ezan (biologiste), Initiation à la connaissance du médicament par Jean-Marc Aiache (pharmacien), Du chocolat médicament ou gourmandise ? Par G. Galindo (doctorante en ressources humaines) et Le médicament entre science et magie par J.-P. Buydens (physicien).

    [17]Séverin Muller sociologue est l'auteur de plusieurs ouvrages et articles à propos du travail au sein des abattoirs notamment le titre récent : A l'abattoir, Paris, MSH Quae, 2008.

    [18]On peut citer notamment la revue Architecture méditerranéenne n°55 du mois de juin 2001 en parti consacrée aux usines pharmaceutiques ou encore la revue Architecture Aujourd'hui qui propose régulièrement des numéros hors-série à propos de l'architecture industrielle et notamment à propos des usines de fabrication de médicaments.

    [19]Le terme assemblage désigne la phase de fabrication des médicaments par le mélange, l'assemblage de différents produits sous une forme définie – gélule, cachet, ampoule, gel ou spray.

    [20]Code du travail article L. 122-33.


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