• Justice illimitée à Aix - partie I

    Aix : une ville militaire. Cette axeption semble bien étrange et à y voir de plus près colle mal à la ville. Il y a bien quelques édifices militaires, quelques institutions. Le nom même de la commune n'évoque-t-il pas un très actif consul romain ? Sextius Calvinus a n'en point douter ressort pacifié du tourbillon historique. On préferera l'imaginer maître et premier usager des termes ou batisseur de fontaine que sous les traits d'un militaire chargé de l'éradication des Salyens.

    Les remparts de la cité moyenageuse sont absorbés dans la masse. Le périphérique offre à présent la limite symbolique entre coeur et périphérie de la ville. Les ouvrages imaginés jadis pour la défense sont ici un sex shop, plus loin un célèbre café abandonné et dans leur ensemble ont disparus. Les casernes pour leurs parts laissent en héritage l'Espace Forbin dont le portail d'origine valorisé demeure. Juste derrière, au fond du parking un grillage renforcé évoque une activité militaire encore en cours. Il s'agit en réalité d'une dépendance de l'Ecole militaire. Celle-ci située, non loin de la piscine Yves Blanc, en impose par sa taille et interpelle par un style massif évoquant le nord de la France à l'image des toits couverts d'ardoises. 

    Non loin, l'Ecole des Arts et Métiers est comme un vaisseau ou plutôt un ensemble de bâtiments organisés comme une cité autonome. Un pan entier de la ville porte donc encore les couleurs militaires... Les remises de diplômes, soirées de gala ou autres évènements entendus comme un espace de loisirs festifs mais aussi comme un rite de passage à l'âge adulte egayent le paysage aixois. Non que l'ouverture soit la caractéristique première de ces institutions mais plutôt que l'uniforme porté par les jeunes recrues en ces occasions ne passent pas inaperçus.

    Ici, les pompoms ou le look légionnaire sont remisés. La valeur sûre : une tenue de cérémonie, de celles portées par "ceux" de Washington à la fin des albums de Luky-Luke. Les bizus pour leur part ont droit à des tenus plus exentriques souvent ornées de slogans comme "je suis un hiboux jaune". Du reste, dans ces moments là ces derniers peuvent compter sur les garçons et filles faitant dans la cité aixoise leur "enterrement de vie de jeune fille, de jeune garçon". Les rituels sont proches et donnent des airs de festival off au Cours Mirabeau, à ses artères connexes.

    En ville, les représentations rappelant l'ordre, les dispositifs engagés pour son maintient sont peu nombreux. Il y avait bien la prison reconvertie il y a quelques années en Cours d'Appel. Du lieu de détention on ne retrouve presque rien, pas même le gardien résidant en haut de l'édifice et prié de partir ll y a peu. Pour ce dernier qui a connu l'époque prison et l'époque tribunal, c'est le moment de troquer "son" palais pour un appartement du côté de Saint Jérôme. Aix : une ville de justice, voilà une litanie plus appréciable, plus descriptive des choix de la ville, de son combat pour garder le "meilleur", les plus beaux éléments du dispositif.

    Pour les gendarmes de la très discrète caserne de Gendarmerie du Val-Saint-André le travail ne manque pas. Il s'agit d'organiser entre les différents tribunaux le flux des acteurs placés sous leur protection. A ce titre les abords de la Cours d'appel et notamment l'entrée de la souricière - parking sous-terrain de l'édifice - sont souvent encombrés de véhicules de police dernier modèle.

     

     


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