• LES EWOKS GERMANIQUES DE L'AN 2000 A TRETS

    LES EWOKS GERMANIQUES DE L’AN 2000 A TRETS

     

    Si le petit village de Trets sort de sa ruralité au fil des années, il reste de ci de là des traces du chemin parcouru. Là où les routes étaient chemins, dans le cœur historique en décombres et jusqu’au parvis de la mairie tous les éléments jadis laissés en friche sont harmonisés en un décorum des plus urbain.

    Entre caméras de surveillance et patrouilles de police, le trestsois est rassuré, oublie peu à peu sa condition. Des rues jusqu’aux plus reculés des trottoirs tout est plus propre, relevé de panneaux explicatifs. Par-là, le bon citoyen cesse le stationnement anarchique, débarrasse ses ordures en les triant, promène Lulu en laisse.

    Dans ce théâtre des temps modernes, l’égaré doit partir au plus vite. Ainsi, les marginaux et autres clochards des champs ont quitté peu à peu le village pour d’autres moins touchés par cette forme de progrès. Le spectacle était pourtant de qualité surtout les jours de marché. A tout coup le visiteur pouvait assister à une étrange parade.

    Arrivant depuis le quartier de la gare Hans, son frère et une compagne d’infortune n’hésitaient pas à haranguer les passants qui s’écartaient. Il faut dire que le Caddy de supermarché avançait à plein régime avec à son bord le souffre-douleur préféré de Hans. Ce dernier froid et massif arborait une barbe ancienne mais encore brune coiffée par un nez épaté par l’alcool.

    Lorsque enfin le chariot se renversait dans un grand fracas, Hans courait insulter son pilote : le pack de bières placé dans la cage métallique était toujours sérieusement endommagé. Finalement le trio se remettait en ordre de marche achevant les quelques cannettes rescapées tandis que l’infortunée ramassait les fruits laissés pour gâtés par les maraichers.

    Vers 12h00 tout était finit, le groupe regagnait son squatte : une petite masure dévastée à l’écart des habitations. C’est là que Hans corrigeait une fois de plus celui qu’il appelait son pote, sorte d’alter égo en version faible. Allemand comme son comparse, l’homme petit et râblait s’activait pour préparer la couche : une banquette avec des matelas pourris qu’il fallait chaque soir débarrasser d’un monceau d’ordures.

    Alors que la bougie va s’éteindre, l’étrange groupe dort ivre. Le toit percé pas plus que les fenêtres dépouillées ne seront réparés où même apprêtés fournissant là le terreau d’une insalubrité insupportable. Lorsque le jour se lève enfin, de nouvelles cannettes, des coups puis un autre de ces jours puis plus rien. Hans a pris la route emmenant ses disciples vers d’autres cieux à bord d’une voiture dérobée à un riverain.

    vue ce petit point de pierres et de briques
    abords ronsseeux
    côté foyer
    abreuvoir garnit en boulons et miasmes
    caisse
    cuir engeolé
    puit
    rangements
    sac avariés
    symbole
    vrac fermier clochardisé et au milieu le Caddy de Hans
    ce caddy et pas un autre

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