• LES VOREUX EN PATROUILLE

    En ce milieu du mois de septembre le soleil luis encore de mille feux en Provence. Non loin d'Aix-en-Provence se promener en campagne relève de l'exercice. Aux alentours de la perle romaine les paysages ne manquent pas, une ballade peut être aussi bien être tentée en forêt, autour de quelques champs ou non loin de pieds de vigne. De ce dernier végétal la région ne manque pas. A certains endroits les campagnes viticoles frolent la déprise, cela se devine par le constat d'abandon de rangés entières de cèps.

    Depuis l'Eden de notre dimanche, le domaine est exengue, on imagine à peine une sortie en vélo tant l'endroit est isolé. Les vignes se confondent par endroit à des muriers. De ces gros ronciers endémiques au départ des hommes. De l'autre côté du chemin se dressent les bâtiments de l'ancienne exploitation viticole : en cours d'être des restes. L'abandon des lieux semblent totale à première vue. Il y a ces corps de ferme centenaires murés grossièrement et ces amas de férailles déposés là, sans but. Si le silence est de qualité, il n'en n'est rien du point de vue du paysage olfactif. Au-devant de la plus grosse des constructions une forte odeur incommode le visiteur.

    Tout de suite après, des bruits fondent comme un échos. Au bout de quelques secondes cela est certain, il y a des gens quelque part dans le site. Peut être est-ce des fantômes ou quelques ouvriers agricoles restés liés au labeur par de là sa perte. Cette notion est de toute part présente. Entre les fenêtres beurrées de ciment ou les toîtures croulantes de végétation, rien ne présage d'un avenir pour la cave. Du reste, cave celle-ci ne le sera certainement plus jamais. Il est fort probable que la parcelle a cessée pour toujours d'être au service de nos tables. Le chaos, le démentêlement puis, la fin du site donnent une touche glacée alors que l'on pourrait fondre au soleil. Les bruits dans le même temps continuent et alimentent tous nos fantasmes.

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    De rien, ces derniers sont devenus trop lourd. Face à nous au plus près, une équipe se livre à un travail très spécial. Composée de deux hommes et d'une femme, tous dans la demi-vingtaine. Le but du trio semble d'être l'ouverture d'une large porte aux panneaux de bois. On devine derrière celle-ci quelques ateliers. Nous demeurons sans bruit, comme invisibles. Nous nous trouvons à l'orée de la pièce qui s'étend très loin avec d'impressionants fûts de chêne et de gigantesques cuves métalliques. L'une d'entre elle pisse en jets éparses le ferment de l'odeur pésdidentielle.

    A terre, une large flaque de ce vomis de vinasse est incontournable. Tout d'un coup, l'un d'entres-eux se retournant dans l'élan d'un coup porté aux planches pris un fort recul à notre vision. La peur semblait s'être d'emblé emparée de lui puis à la suite de ses comparses. "Nous ici pour dormir, possible ici"  répétait le plus grand. Le discours était clair : ces visiteurs cherchaient un endroit pour squatter. Peut être dormaient t-ils dans cette voiture relativement accidentée garée non loin du site. En tous les cas tous trois défendaient fermement cette position, on eu dit que cela était primordial. Dans les fait, il n'en n'était rien et le reste de notre visite nous permis de découvrir les vrais rituels, les motifs authentiques de leurs visites.

    Armé de quelques outils rudimentaires, le petit groupe avait décidé de réunir tous les métaux valorisables. Une sorte d'entreprise minière dans des sites  d'exploitation de surface. Une veine par si dans un mur, un conduit en plomb par là, sans oublier le précieux butin des bobines de cuivre nécessaires aux appareilages electriques industriels. De métaux ils ne manquèrent pas ni d'audace. Leur visite était faite en toute précision comme un inventaire, comme le moment ou l'on compte les centimes de son cochon de porcelaine.

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    Du travail de ces équipes dépend la composition de nos friches entre industries perdues et projets avortés. De ces chiffonniers modernes on peut pointer la grande mobilité à l'image de la romantique roulotte du temps des gitans. Des dires de l'un des protagonistes, les patrouilles sont organisées depuis un campement de fourgons et de caravannes installé aux abords d'une grande ville. Entre ces abords et les lieux visités en patrouille on peut relever une similitude du point de vue de l'état d'abandon ou au choix de la présence de cette fraicheur romantique toute désuette. Là-bas aussi, c'est la friche le désert et toujours cette idée de ruine, de chute, de sites stérilisés par la grâce de l'homme.

    Comme les terres sont la proie de convoitises organisées, de possessions formalisées, ces dernières reflêtent aussi les avatars, les échecs dans les tentatives de l'homme pour aménager son espace. Les crises qui découlent de telle sorte d'échec  éludent bien souvent le sort du site lui même, les individus donnant utilement  priorité à leur personne. 


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