• MILLENARISTES : LA THESE D'UNE GUERRE RACIALE

    Mieux encore qu'une lettre, à la façon de Paco Rabane, certains ont arrêter une date comme cette fin du monde annoncée pour 2012. Cristallisés sous des formes idéologiques, comme des prédicateurs, les millénaristes affirment, condamnent, se protègent. Derrière ces réactions avatardes de l'actualité, fruit d'une peur viscérale du lendemain, des membres de groupuscules bien plus établis attendent également leur heure. D'un genre très spécial, les membres de ces communautés, apparentées à la nébuleuse de l'extrême droite, prétendent préparer une future "guerre raciale".

    Par ce concept, cette thématique, les groupes s'entraînent, préparent, rassemblent utilisant la soif d'échéance des inquiets, l'envie d'autres d'appartenir à une époque monogrammée. Il s'agit pour les penseurs de ces mouvances, souvent issue de la dislocation de l'Algérie française, de vendre une effrayante confrontation à venir avec le monde musulman. En sus de ce discours classique selon lequel, l'étranger porte le poids de l'échec français, certaines cellules revendiquent une forme d'anarchisme, n'hésitant pas à remettre les rôles régaliens de l'Etat en question.

    Hétéroclite, le public de militants va du simple ouvrier au militaire en passant par le docteur : tous y croient dur comme fer. En parallèle, certaines organisations développent un culte spécifique vis à vis de valeurs, de croyances vendues comme celtiques. Cette dimension sacrée permet aux participants de ritualiser, de justifier leurs pratiques et ainsi d'accéder à un certain degré tant de complicité que de légitimité. Comme dans une loge maçonnique, les nouveaux venus sont priés de se soumettre au passage d'une cérémonie aux us bien déterminé. La mise en grade des différents participants est une norme des plus communes héritées du bon sens : une efficacité toute militaire.

    A l'entraînement dans une pinède, les hommes se régalent dans un exercice de puérilité grandeur nature. Des obstacles faits de troncs de chênes aux parcours du combattant, des étreintes fraternelles à une discipline de rigueur tous les éléments sont propices à créer une camaraderie. La mise en abîme de thèmes raciste, l'objectif d'être prêt pour la "guerre raciale" ainsi que le partage du secret des opérations ajoutent à l'impression de confinement et de ressentir l'illusion d'appartenir à un groupe, de jouir d'un abris sûre, la cabane de son enfance. 


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