• PARTIE 5.

    5. Carrières et résistance à l’Étoile du sud                                   

     

     

    Vies carrières et évolution de, à et après l’Étoile du sud

     

    Le choix de l’établissement à l’Étoile du sud préfigure souvent pour l’individu d’une longue période à venir dans un environnement nouveau, de la réalisation d’une expérience inédite. Si cette nouvelle vie n’est pas basée sur l’exercice d’une profession, la poursuite d’une activité dans un lieu défini, cet évènement implique de recomposer, de reconstruire la trame d’une carrière de retraité souvent déjà bien amorcée avant l’étape de l’Étoile du sud. A ce titre, les résidents qui ont dépassé le stade de l’intégration sans souffrir d’une trop forte aggravation de leur santé morale ou physique pénètrent petit à petit dans un terrain que ces derniers apprivoiseront plus ou moins.

     

    A. Jalons et détails des carrières de retraité à l’Étoile du sud

     

    En ce sens, l’étude de l’aménagement des appartements par le registre d’interventions de l’homme d’entretien, par des visites régulières d’appartements à l’occasion d’interventions techniques (relevé des compteurs d’eau ou portage de linges) permettent de constater certaines récurrences dans le comportement des résidents vis à vis des adaptations réalisées dans leurs logements.

     

    Au premier sud, à l’arrivée comme nous l’avons vu précédemment, les résidents disposent d’un appartement d’une propreté clinique au sein duquel les meubles, les cartons ont souvent été disposés par les déménageurs sur l’appui des conseils des membres de la famille présents. Le nouveau locataire doit donc s’approprier ce nouvel espace depuis cet état, souvent contraint par ses capacités physiques sa faculté à déplacer des meubles des objets, son inclinaison à sortir pour équiper son intérieur.

     

    Aux contraintes variables liées à l’âge à la fréquence des aides reçues, aux visites effectuées par les familles, s’ajoute l’impossibilité de repeindre, de tapisser les appartements une fois les meubles et objets disposés. Si le futur propriétaire, le locataire d’une habitation classique disposant de temps et de moyen, peut préparer son futur logement avant de l’occuper, les résidents doivent construire à partir d’une base déjà bien déterminée et de surcroîts régis par le stricte cadre du règlement intérieur de la résidence celui-ci limitant fortement les possibilités de transformation des logements.

     

                 Le désinvestissement par le prisme de la maitrise des appareils domestiques

     

    Certains appartements sont équipés d’appareils technologiques de dernière génération. Si un seul ordinateur était recensé en janvier 2011 dans le parc de logements, les téléviseurs grands écrans, plats sont très courants. Souvent offerts par les familles, ces équipements qui nécessitent mémoire et compréhension pour leur usage et en particulier pour la maîtrise de leurs télécommandes, sont peu à peu apprivoisés par leurs propriétaires. Cette logique correspond uniquement aux individus qui ont été en mesure d’intérioriser le fonctionnement des appareils au moment de leur livraison.

     

    Ainsi pour Madame Pinson, les problèmes de télévision sont récurrents et apparaissent comme autant d’interventions techniques à réaliser pour Jérôme. La feuille du mois d’août 2011 du cahier d’interventions de Jérôme ne contient pas moins de 32 notes alertant d’un disfonctionnement de TV. Pour exemple, la demande du 4 septembre 2011 pour ce type de problème a concrètement consistée à changer la position des piles dans la télécommande du téléviseur de cette résidente. A l’enseigne du portage des plateaux repas, la non acquisition du mode de fonctionnement du téléviseur, du téléphone peut être envisagé comme un indicateur dans la l’évaluation du degré d’autonomie des personnes.

     

    Dans ce registre pour le moins technique, l’inégalité des individus vis à vis de l’usage des appareils domestiques ressort au travers d’un support de travail bien normalisé : le cahier d’intervention de Jérôme. Les périodes hivernales font apparaître sur le registre de Jérôme, des demandes visant des problèmes de chauffage qui selon les dires de Jérôme son très souvent liées au fait que «certains résidents ne savent même pas mettre leur chauffage en route (et qu’) il faut leur montrer dix fois, monter là-haut à chaque fois».

     

    Les propos de Jérôme un peu lassé d’enseigner le mode d’emploi de simples convecteurs électriques marque du degré d’indépendance des uns, du secours techniques éventuellement apporté par les famille ou du désarrois des autres, habitués du carnet de Jérôme, pour des interventions de mise en route, d’usage d’un appareil. La population de résidents qui sollicite le plus Jérôme pour ce type de demande est la même que celle présentant les signes d’une faible propension à établir en domicile l’appartement occupé.

     

    Par une somme de détails apparaît le moindre investissement dans l’organisation de l’intérieur des résidents arrivés à l’Étoile du sud dans un état de dépendance trop avancé. En quelques sortes, les atouts constitutifs à la réussite d’une carrière de résident relèvent surtout des conditions, des capitaux physiques et moraux détenus par les individus au moment de leurs arrivées.

     

    B. De l’intégration réussite à la puissance de l’ancienneté

     

    A cet égard, les «anciens résidents», comme les nomment les membres du personnel, jouissent presque tous d’appartements richement équipé dont les murs attestent de la volonté de personnalisation, d’amélioration des lieux. Ce constat pousse à une conclusion ambivalente selon laquelle la longévité du séjours signifie de la réussite de l’intégration du résident et par là de la présence des signes de son bien être comme un riche aménagement de l’habitat.

     

    La justification financière d’un faible investissement dans l’organisation, la fonctionnalité de l’habitat ne nous parait pas recevable dans la mesure où comme nous l’avons vu précédemment, les résidents disposent pour presque tous de moyens financiers conséquents rendant du reste possible leur résidence au sein de l’Étoile du sud.

     

    La pause de cadres, de tableaux s’impose comme une première démarche, souvent effectuée par Jérôme les suds suivants l’installation. Pour d’autres locataires comme Madame Gavu ou Madame Pinson, l’absence d’initiative marque la non volonté de reconstruire. Ce phénomène prend corps, au-delà du dénuement des appartements, par la manifestation permanente auprès du personnel, des autres résidents, de souvenirs mettant en scène le logement quitté. Ainsi, Madame Gavu vit dans l’imaginaire de sa maison de Cucuron que cette dernière décrit comme «son (mon)paradis plein de jolies bibelots». La vielle dame entretient le deuil de cette perte par la pratique d’un rigorisme, d’une austérité en matière d’aménagement de  l’appartement qu’elle occupe. Austère, le studio outre le mobilier de base est vide, seul quelques santons de terres, un petit cadre argenté, une peluche décharnée rappel la maison de Cucuron.

     

    En liens avec le phénomène d’adhésion ou de non adhésion à la vie en résidence, le niveau de désorientation des individus peut être mis en parallèle avec le degré de personnalisation des domiciles. Très souvent perdue dans les couloirs de son étage, Madame Gavu ne peut accéder à une représentation symbolique satisfaisante, rassurante de son lieu de vie du reste peut être découvert trop tardivement.

     

    A l’opposé de ces comportements, presque tous les résidents installés depuis une longue période à l’Étoile du sud participent à l’aménagement de leurs espaces privés. Ouverte depuis une vingtaine d’années, la résidence compte en 2011, trente-et-un résidents ayant emménagés durant l’année d’ouverture de l’établissement alors que l’effectif total était de soixante-deux en 2011.

     

    Comme en position de force, cette fraction de résidents qui a connue l’arrivée de tous les membres du personnel revendique un lien plus ancien avec l’Étoile du sud que la plupart d’entre eux. Considérés comme les «anciens résidents», cette population de notables connait les ficelles de «l’Étoile», peut obtenir de la part de Jérôme une intervention plus rapide, solliciter sans crainte le portage d’un repas à l’occasion. Si tous les résidents sont connus des employés par leurs noms comme par leurs physiques, les anciens alimentent l’Étoile du sud de leurs expériences, de leurs vécues dans la structure et ainsi œuvrent à créer des mythèmes transmise de témoins à non témoins, des anciens aux nouveaux.

     

    Les anciens résidents sont souvent utilisés comme référence pour justifier auprès des nouveaux du potentiel d’épanouissement à l’Étoile du sud. Galvanisés par leur ancienneté, les anciens sont souvent visibles par groupes de trois ou quatre reformant dans l’espace du grand salon, pour une promenade en ville, le plan de table imaginé par Angélique dès l’ouverture de l’Étoile du sud.

     

    Pour ces résidents comme Madame Merlu, la qualité de la «l'Étoile» se détériore et cette dernière de mettre en avant auprès de Jérôme l’époque où ce dernier ne travaillait pas encore à la résidence. Thomas son prédécesseur était, dans les souvenirs proposés par Madame Merlu, plus efficace car «pas tracassé par le ménage qui était fait par des femmes de ménages». Du reste, les vêtements de travail de Jérôme fournies par la société Elis, atteste encore de son prédécesseur : le prénom de celui-ci, figure toujours brodé dans le col de chaque veste livrée pour Jérôme.

     

    C. Le précieux salut du Conseil d’administration des résidents

     

    L’expression la plus significative d’une carrière réussite, à tout le moins engagée, de résident à l’Étoile du sud se caractérise, à notre sens, par l’étude du personnage du Directeur du conseil d’administration de l’Association des résidents de l’Étoile du sud. Depuis le 15 juin 2010, Monsieur Coustron occupe ce titre, élu à la majorité avec 77 voix contre respectivement 56 et 52 voie pour les autres candidats, selon le rapport notifié «procès-verbal de l’élection du Conseil d’administration» affiché après l’évènement sur le panneau de liège non loin des ascenseurs.

     

    Si le conseil d’administration de la résidence, son fonctionnement, ses échéances, sont inconnus pour bon nombre de résidents et plus spécifiquement pour les derniers arrivants ou les plus affaiblis, la frange la plus ancienne s’intéresse de très près à cette institution. Formé de 5 membres élus tous les 2 ans, le conseil d’administration de la résidence représente une source d’autorité non négligeable au sein de l’Étoile du sud. Organisé comme au sein d’une association classique, le conseil tiens régulièrement séance dans l’intimité du petit salon. Lorsque les portes sont closes, les discussions portes, comme de juste, sur les recettes, les dépenses, les difficultés ou les projets de l’association dont ils sont les représentants officiels.

     

    Comme nous l’avons expliqué en première partie, l’association des résidents de l’Étoile du sud est imbriquée dans une entreprise gérant plusieurs dizaines de maisons de retraite et résidences services. De cette association bipartite ressort un partage des pouvoirs, une lutte permanente pour la maîtrise de ceux-ci. Loin d’être restreint, les prérogatives des membres du conseil vont du salaire des employés aux votes du budget de nourriture au cour des «comités de restauration» : réunions dédiées à la gestion du restaurant de la résidence. Bien à propos, des représentants du personnel participent à ces réunions, comme Alain le chef de cuisine, Angélique la chef de salle ou encore Constant qui représente en son absence le pouvoir parisien.

     

    L’élection de Monsieur Coustron le 15 juin 2010 fait suite à la défection de son historique prédécesseur Madame Merlin démissionnaire pour cause de raisons santé. La résidente qui avait emménagée dans la résidence à son ouverture avait enchaîné 3 mandats de 2 années à la suite s’imposant au fil des saisons comme le référent principal de l’établissement.

     

    Particulièrement investit dans son mandat, la résidente organisait ses journées à contrôler, à évaluer l’état de la résidence, à envisager par mille détails d’éventuelles économies à réaliser. Particulièrement crainte par le personnel, cette présidente du conseil a été à l’origine de plusieurs départs d’employés alors en période d’essai et notamment de serveuses. Si de nombreux résidents ne manquent pas de critiquer des employés, de rapporter à Angélique l’insolence de Cédric, l’un des seul serveurs ayant pratiqué au sein du restaurant ou l’insouciance d’Astrid, l’impact de ses remarques à la portée limitée du collège des anciens.

     

    Le personnage de membre du conseil d’administration et à plus forte raison celui de son président représente une source potentiel de retour des problèmes vers le siège, vers Paris ou vers la directrice pour les périodes où l’établissement en était doté. Regrettant la défection de Madame Merlin à l’occasion de son discours, c’est en la remerciant que Monsieur Coustron rend hommage à son prédécesseur Madame Merlin, émue aux larmes, en première loge de l’assistance, assise sur un fauteuil roulant.

     

    Suspendue à un départ vers un établissement médicalisé, Madame Merlin, soutenue par sa fille a espéré jusqu’au bout une amélioration de son état, rêvé à la possibilité de son maintiens au sein de l’Étoile du sud. Fait extraordinaire dans l’histoire de la résidence, cette dernière est effectivement partie en maison de retraite médicalisée, tout en conservant son appartement à la résidence, puis au bout de quatre semaines a réintégré l’Étoile du sud. Ce retour a été de courte durée. En effet Madame Merlin a tout juste eu le temps d’assister aux premier pas de Monsieur Coustron dans ses nouvelles fonctions, de l’entretenir sur «quelques dossiers»  conservés à son domicile qui lui tenait particulièrement à cœur, que cette dernière a été hospitalisée, gravement malade, Madame Merlin décèdera quelques semaines plus tard à l’hôpital.

     

    A l’occasion du départ de Madame Merlin puis de son décès annoncé par une sobre affichette posée sur le panneau d’affichage près des ascenseurs, de nombreux résidents ont manifesté de la peine, surtout parmi les plus anciens, pour certains très investit dans le conseil, missionné par Madame Merlin pour de petites missions, pour établir de menus rapports. Dans la suite de ce deuil, Monsieur Coustron intervient en continuité de Madame Merlin cultivant avec sa femme un contact personnalisé avec le plus grand nombre de résidents. Le couple Coustron, installé depuis le début de l’activité de l’Étoile du sud représente une catégorie de résidents affichants une bonne santé physique et plutôt hostile à l’accueil de personnes trop dépendantes.

     

    Cette idée se manifeste à l’occasion de discussions menées dans le huit clos du bureau attenant à l’accueil lorsqu’un résident a déclenché l’un des dispositifs d’alerte, manifesté par sa conduite les signes reconnus à «l’Étoile» comme ceux de l’impotence. Fort de son mandat, Monsieur Coustron peut faire office d’alarme, signalant à l’occasion les écarts d’un locataire constaté par lui-même ou lui ayant été rapporté. Comme nous l’avons vu, ce système d’alarme fonctionne également vis à vis des employés en période d’essai s’agissant de la prise de décision de leur maintiens en poste.

     

    Le conseil d’administration des résidents de l’Étoile du sud correspond pour les résidents qui y sont élus à une véritable grille de carrière caractérisée par ses tensions, ses objectifs, ses possibilités de progression au sein de la structure ou de maintiens à une fonction. Formelles, restituées sous la forme de procès-verbaux, les réunions du conseil sont une opportunité pour qui souhaiterait vivre l’expérience de vie en résidence comme un challenge. En quelques sortes, la position de participant au conseil d’administration peut être envisagée comme un privilège, comme l’une des uniques possibilités d’investissement social dépassant la gestion de sa propre existence.

     

    D. La vie à part des résidents outsiders de l’Étoile du sud

     

    Le caractère structurant de l’exercice en conseil n’exclue pas d’autres pistes d’autres possibilités pour dépasser le statut passif de résidents, pour échapper à l’asservissement des programmes télévisés. Lorsque Jérôme nettoie au moyen d’un aspirateur l’un des longs couloirs des étages desservant les appartements, son oreille est stimulée par le son des téléviseurs qui hurlent depuis derrière les portes. En dehors des repas, de quelques sorties effectuées dans les quartiers, peu de résidents quittent leurs appartements, éteignent leurs téléviseurs.

     

    A la marge, un faible part d’entre eux s’attèlent à reconstruire ou à poursuivre une existence en dehors de leur intérieur, du cercle confiné des lieux communs de la résidence. Madame Line, 88 ans, résidente depuis 16 ans à l’Étoile du sud répond de cette faible contingence. Très en forme, cette résidente dit «se foutre de la vie de ces vielles et de leur problème de vieux». Habillée de tenues sportives, Madame Line pratique assidument le fitness, le karaté au sein de club totalement étranger à la résidence. Rarement dans la résidence, bénéficiant de la présence régulière de ses deux filles, Madame Line ne regrette pas son choix pour «l’Étoile».

     

    Du reste, Madame Line ne fréquente le grand salon que la nuit venue pour échanger avec les veilleurs de nuit quelle connaît tous sur les derniers ragots de la résidence. En décalage, Madame Line, parfois appelée de son prénom Renée par un veilleur, Angélique ou Jérôme, échappe au cercle de la routine cultivant à l’occasion de ses confidences sa position atypique par rapport à ceux qu’elle appelle volontiers les «vielles séniles de son étage».

     

    Dans un autre registre, Madame Vonduik, Monsieur Caseline ou Madame Léandre  ont des conduites, des routines atypiques au commun des résidents. Pour tous trois, la religion catholique, ses usages sont un véritable support de vie. Outre les crucifix de bois en abondance dans l’appartement de Madame Vonduik, cette dernière devenue veuve à la résidence, se rend quotidiennement auprès d’une association paroissiale se livrant volontiers à la visite de malades, au tri de vieux livres légués au groupe de paroissiens. Comme Madame Léandre ou Monsieur Caseline, ses invités du dimanche sont souvent des membres de l’église catholique : des sœurs ou des curés. Bien à part, la conduite de ces retraités, très investit dans la religion, se caractérise outre leurs pratiques du culte par l’exercice d’une forme d’assistance portée à destination des personnes réputées les plus faibles de la résidence. C’est ainsi Madame Vonduik qui épaule Madame Dupuis, l’encourageant dans sa convalescence, à la suite d’une chute dans la rue intervenue selon le «cahier de liaison» au mois de mai 2011.

     

    La possession d’un animal de compagnie ressort également comme un élément propre à capitaliser en termes d’autonomie, en termes de développement d’un contexte social indépendant de l’Étoile du sud. Comme nous l’avons relevé, l’autonomie du résident est fortement dégradée à son arrivée à l’Étoile du sud. Non que ce dernier ne subisse de façon certaine les contres coups physiques et moraux de son placement mais que sa nouvelle condition de résident le prive de facto d’une partie de la gestion de son existence.

     

    Sur 62 résidents, au 1ier janvier 2011, quatre possédaient un animal de compagnie, tous étaient des chiens à l’exception du chat de Madame Frédant. Goldies, le petit bâtard de Madame Montoise, est un incontournable de la résidence. Il sait très bien reconnaître les membres du personnel malgré sa cécité avancée. D’un bleu très clair, ses yeux inertes ne voient presque plus : Madame Montoise est son guide.

     

    Aux passages de cette dernière à l’accueil, du côté de l’entrée, il y a tousuds une remarque sympathique sur la forme, l’allure de Goldies. Au dehors, à l’occasion des trois balades quotidiennes, les rituels du ramassage des crottes, de la tenue de la laisse créés des affinités, des signes de reconnaissances entre les maîtres. La sortie de 10h00 est ainsi l’occasion pour Madame Montoise d’échanger régulièrement avec une  riveraine de la résidente propriétaire d’un grand setter blanc sur le caractère de Goldies, les progrès du setter à l’obéissance.

     

    Pour Suchi, le caniche de Madame Navarre, les jours s’enchaînent au beau fixe, sa maîtresse ne tarie pas d’éloge sur sa personne, ne manque jamais de confectionner un doggy bag pour «son suchi » à la fin de chaque dîner. Bichonné, le caniche est lui aussi le moyen, la justification du rituel des sorties, de leurs régularités impeccables.

     

    Non admit au restaurant ou au grand salon, les chiens poussent leurs maîtres à fréquenter l’extérieur, à consommer comme Madame Navarre un café dans un bar autre que celui de l’Étoile du sud pour profiter avec son chien du temps qui passe.


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