• QUI DE TOI OU DE NOUS EST LE PLUS NOUS ?

    Qui, le piéton, qui, l'automobiliste, qui vis ici parmi nous aurait pu juger du phénomène. Encore faudrait-il que ce dernier fut apparent, que chaque morceau fut à sa juste place. Or, il est bien question de place, d'ordre des choses, de ce qui relève du naturel que l'on croyait acquit.

    En milieu urbain, le citadin ne peut se contenter que de ce qui apparait comme le contexte premier comme les éléments déjà présents dans les références filmiques des plus anciens. Il y a des rues bordées de trottoirs où des gens se meuvent jouant en un ensemble la Comédie Humaine de leur temps. A y voir de plus près ces rues, espaces libres lieux de liesse comme de recueillement, perdent de leur superbe. En ce terme, nous entendons le désenchantement actif qui comme l'érosion achève de rendre abscons une définition romantique de la rue.

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    Comme les réverbères en leur temps, des horodateurs assurent une étroite surveillance des chaussées qui de cette façon sont fractionnées en autant d'emplacements. Il 'agit de mettre en ordre les automobiles : leur nombre croissant suggère en effet d'adopter des conventions puis finalement d'organiser en marché le repos des autos. Plus loin encore, les parkings aux abords des centres villes dépassent leur état. Ce ne sont plus des portions de rue mais des édifices tout entiers dédiés au sommeil des véhicules.

    La création de richesses est ici au cœur de l'innovation, de grands groupes qui comme Effiat transforment un besoin en produit, un passage en ville en ticket de stationnement. Du reste, les villes, les collectivités se dégagent du fardeau qui, pour ne pas alourdir le budget, la structure de sa commune, qui, pour ne pas endosser le rôle de créancier permanent des visiteurs et résidants motorisés.

    Le paysage urbain prend ainsi de nouvelles formes et avec celles-ci sont repensées les fonctions offertes aux usagers de la ville. Sans évoquer un "grand complot" qui serait orchestré par quelques illuminati de l'urbanisme, on peut mettre en liens plusieurs manifestations de ce qu'il convient de placer dans un jeu de transformation du pack offert à tous à chacun présent en un point du territoire.

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    Toujours dans la rue, qui, devant un tas de cagettes où poulpes avariées et litres d'huile débordent ne s'enquit pas du responsable ? En maugréant la porte poussée, un haussement d'épaule : c'est la dernière fois que je vote pour le Maire .... Du reste, ce type de réprobations devient ridicules voir incohérentes dès lors qu'elles sont adressées à une société. Or quand est-il des "gars de la ville". Comment Anatole pourra-t-il "rentrer" à la Mairie à présent ? De l'avis du secrétaire de mairie, un voisin, les chances sont minces car les gars, employés par Onet : ils sont même parfois intérimaires. Qu'à cela ne tiennent, Anatole ira pointer chez Manpower lundi. Sûrement là-bas pourra-t-il jouer de ces relations...

    De tout côté le désengagement pousse à adopter d'autres références et pour certains à nier un environnement devenu obsolète. Du côté des espaces verts : ils sont comme des refuges. Quand sera-t-il demain ? Pour répondre à cette question mieux vaut prévoir une occupation prolongée des sites pour se rendre compte du lien entre espaces verts et autorité. Certaines, arches de Noé du désespéré, du pauvre zé agar poussent à une représentation séculaire des jardins.

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    Plus loin, la gare offre un point de sortie pour ceux qui chassés d'un rondpoint, d'une cabane dressée là en symbole sont sur le départ. L'édifice est manifestement ouvert et ces pigeons qui volent offrent un bel exemple de ce que peut être la liberté. Très vite il y a ceux qui bien callés narguent les voyageurs depuis un point superbe par sa hauteur. D'autres comme noircis semblent sortis d'une chaudière et n'évitent pas, dans de cours vols, les obstacles qui se présentent. Tout cela laisse poindre une chance et la possibilité d'être celui qui ne paiera pas aux toilettes, qui n'aura pas un voisin engagé dans une série de pets.

    La hauteur toute relative de ce trône est basse mais sa propreté est appréciable. Au dehors un homme en fauteuil attend sa place, il est temps de filer. A présent il convient de penser aux effets, à ce qui est détenu. Ici des sacs, des valises sont partout et donnent une harmonie, un groupe. Faut-il en user come d'un siège et tenter de faire popote avec le groupe de tout à l'heure. Ça avait l'air pas si mal. Plus prosaïquement, dans l'immédiat je lutte pour lui conserver sa place. Qu'il est beau sur ce siège orange et moi à ses côtés : j'assure. Quelques journaux dont les feuilles n'ont rien à voir achèvent de me rendre beau.

    Sans casque mais en règle tout au moins en terme légal. L'offre publique est peu agréable avec par intermittence des annonces Sncf de celles qui rendent inimitables notre condition de voyageur. Les "autres" seraient-ils en train de s'évader pendant que je vis pour, par la Sncf. Il semble que mes membres ne soient pas stimulés par l'atmosphère auditive. Juste derrière mon pylône il y a pourtant ces jambes qui s’agitent.

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