• SHOPING A ET AUX ALLEES PROVENCALES

    Avec les beaux jour et comme une suite à la période des soldes, les sacs et cabats n'en finissent pas d'encombrer les piétons de la ville. Qu'ils soient de carton ou de plastique, de chez Babou ou de chez Zadig et Voltaire, les emballages des biens consommés sont balancés du bout des doigts et dansent au gré du pas de leur porteur. Cheminant dans l'espace aixois selon une dimension toute commerciale, les Allées Provençales repésentent de nos jours une halte incontournable.

    Alors que le journal la Provence du Samedi 20 février 2009 annonce une "hystérie d'achats aux Allées provençales" quand est-il de l'intégration du nouveau-né dans la ville du Bon Roy René ? Comment le curieux troc effectué dans cette zone a-t-il fonctionné ? Les commerces sont certe plus nombreux que naguère et rare est le public nostalgique de l'ancienne Gare routière en plein air ou des abords pisseux de la Poste Centrale. Cette arrière-cour parfois des miracles a laissé place net aux enseignes qui dessinent les façades d'immeubles abritant en leurs étages de coquets appartements. L'urbanisme souffre de sa perfection, de son encrage dans un temps bien fini. Pour exemple, à decharge, le parking sous-terrain de La Rotonde, enfant du chantier des Allées Provençales, constitue un progrès pour le secteur en terme de circulation automobile, d'encombrement des chaussées. Pourtant, cette perfection en sous-sol pousse à considérer l'espace rez-de-chaussée comme une dalle. La dalle Ville-Jean dise volontier les habitants de ce quartier rennois du nom de Ville-Jean .

    Le concept de dalle est à l'image de celui de la rue, de l'avenue bien compliqué à définir, mille fois éloigné de la simple impasse dont la fin ne fait aucun doute. Sur la Dalle des Allées provençales, les accès au parking sous-terrain accompagnés de leur indispensables caisses-automatiques ressortent comme des sémaphores ou pire comme des réfèrences à l'usager pour distinguer les espaces. La plastique des bâtiments presque parfaite est comme une suite de l'édifice sous-terrain, les bancs ne sont que des figurants à l'image des quelques plantes, bouts de gazon ou arbres des villes contenues en enclos.

    La tenue du site est impeccable. Les vigiles veillent au respect de l'ordre troublant, au-delà de la force publique, le normal des situations, le déroulemennt d'une promenade urbaine classique. Le troc de l'ancien "Casino municipal", de sa clientèle nocturne, des clochards de la Gare routière contre un centre commercial diffus dans la ville mais comme greffé sur elle accentue la fonction commerciale du secteur, sa visibilité. Du reste, cette existence trépidente loin de la torpeur romantique du Casino est comme mortifère, gachée par un asservissement du site au seul secteur marchand. Ce phénomène ramène à considérer le site comme un terrain du jeu de la consommation achalandé comme il se doit de bannières publicitaires. L'oeuvre du temps achèvera peut être l'humanisation du quartier comme sa mise au banc de la ville. L'alliance subtile entre les couches de temps clef du succès de la ville d'Aix est absente du projet des Allées Provençales même si la Maison Darius Millau, sauvée de justesse à l'inverse de la façade du Casino, veille forte de ses années sur le staff des Allées Provençales.


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :