• Les souvenirs d'une Provence arride, non emblavée le sont notamment depuis la mise en service des différentes sections du Canal de Provence. Depuis le milieu du siècle dernier, l'entreprise hydraulique n'a eu cesse d'enrichir son réseau d'adduction d'eau jusqu'à imposer l'édifice comme un atout majeur de l'aire provençale. De cette réussite subsiste toutefois les restes d'ouvrages hors d'âge qui ne transporterons plus jamais d'eau. Au terme d'un petit chemin aux confins de la commune de Venelle, une étrange bute prête au questionnement.

    Haute de plusieurs dizaine de mètres, le tertre cache l'accès à un parcours où le chaland chemine de Venelle à Meyrargues depuis les cannaux asséchés jusqu'au ponts et aqueducs de franchissement. En surplomb de ce parcours : les restes d'une serre agricole posée sur une vaste dalle de béton semblent flotter au milieu de nul part.

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  • [béta]

     

    Le Domaine des Bornes, souvent appelé "Les Malouesses" est le site aixois retenu pour accueillir un pôle de santé : fruit d'une association comprenant plusieurs cliniques aixoises. Maintes fois évoqué, le projet est actuellement en phase de finalisation notamment par la voie des investissements fonciers réalisés.

     

    Pour créer ce monstre médicale, les architectes pourront compter sur un terrain au passé certes riche mais floue. En effet, si les traces de vies, de constructions sont nombreuses et de toutes époques aux Malouesses, peu de cas est fait dans la littérature, dans les travaux de recherche de l'histoire de cette bastide, de ses terres.

     

     

    Comme à l'aube de l'écriture, les récits de vie, les fonctions de ce domaine ne se transmettent que de bouche à oreille. Parfois, au détour d'une photo de famille apprend ont que les Malouesses servaient de salle de bal dans les années 1930 à la haute bourgeoisie locale.

     

    Comme des milliers de reflets, tous ces souvenirs constitues l'âme des Malouesses. Déjà imagine-t-ont la peur de ces hommes lorsqu'un ancien évoque l'impressionnant réseau de sous-terrain bâti sous les collines. Sous la vingtaine d'hectares de pinèdes, sous ce relief de collines boisées, un réseau était utilisé. Comme dans un conte, bien peu de cas est fait du pourquoi. Des parois taillées dans la roche, une hauteur d'ouvrage évoquant la petitesse de nos aïeux des siècles passés; au sol, une rigole de terre cuite révèle une partie de la solution. Le tunnel était sans cesse agrandit dans le but de capter des eaux, de capter cette source toujours plus lointaine.

    Perplexe, le visiteur s'interroge sur cette salle, lointaine dans le réseau, avec son banc arraché à la pierre. En surface, hier comme aujourd'hui, le parc est une majesté. A son regard, les quatre-cent mètres carré de la bastide ruinée, ses dépendances sont d'une petitesse remarquable. Des arbres de tous âges se côtoient dans une folie douce, des plus végétaux.

     

    Jadis, les anciens racontent comment le tout était planté en olivier et comment déjà les arbres étaient livrés à leur sort, enchantant les riverains de leurs olives. Partout, les stigmates des incendies sont visibles et rendent le terrain impraticable, hostile. Comme une jungle, les Malouesses se sont toutefois quelques peu urbanisés. Dans le cadre de leur aménagement futur, des engins de déforestation ont considérablement éclaircies les bois notamment dans les parties hautes, du côté du terrain de cross.

     

    Ce coin des Malousess semble avoir été jusqu'à présent, un lieu de refuge à l'image de ces dizaines d'ermites qui s'y sont succédé. De leurs vies ne reste que des matériaux, des bouts de corde laissés aux arbres. Bien avant les ermites de ce siècle, se tenait dans le côté obscur quatre ou cinq maisons faites de pierre. De taille modeste, les petites masures devaient être en lien de domesticité, de servitude avec "ceux" de la "grande bastide".

     

    Du côté de la grande bastide, l'ermite Philippe est fidèle au poste et assure la descendance mystique des Malouesses. Son petit campement est situé non loin de la maison de maître dont les trois étages menace à tout moment de s'effondrer. Accrochée à la cime du toit, une croix de fer attend de rejoindre le sol. Du luxe de l'époque, du faste des années 1930, il ne reste plus que cette Panhard pratiquement réduite par la rouille.

     

    Loin est le temps où les invités reçus étaient réparti dans les chambres peintes aux couleurs du ciel. Les meubles exsangues rouillent ou pourrissent sous les végétaux. Alentour, de curieuses traces de constructions, des dalles de bétons, des briques tranchent avec le luxe des pierres taillées, les corniches de l'édifice principal. Il s'agit là des traces du bidonville présent sur le site à partir des années 1960 jusqu'à la fin des années 1990.

     
     
    Voici quelques clichés des Malouesses à l'aube du grand soir
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    photo 1942-web
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    photo 1939-web
     
    La bastide des Bornes dites "les Malouesses"
    La croix de fer symbole de l'édifice
    Des fenêtres décharnées
    La terrasse recouverte
    Des tag comme symbole écrits du temps
    Un intérieur modestisé
    Cheminée en ruine
    Vers le sallon

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