• UN MORCEAU DU DECATHLON BOUC BEL AIR : LA LOË

    Qui rode à Bouc-Bel-Air le dimanche ne peux rater le très imposant complexe de l'enseigne Décathlon. Quartier des Cayols, l'enseigne des sportifs a édifiée voila une dizaine d'années le plus grand de ses dispositifs. Très futuriste, le magasin et ses nombreuses dépendances ont prodigieusement transformé le territoire. Là où les clients passent paissaient jadis les vaches de la Loë.

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    Cette grosse bastide forte de nombreux prés rayonnait depuis bien longtemps dans le sud de Bouc-Bel-Air. Si l'arrivée de Décathlon a marqué la fin de la parenthèse aristocrato-agricole, la famille Gros, propriétaire du site de longue date, avait déjà vu son empire se morceller. En effet, dès 1972, les hommes des Pont-et-chaussée se disputent les visites à la propriété. Là-bas acceuillis au salon d'honneur du rez-de-chaussée, ces messieurs exposent, proposent, expliquent le traçé du nouvel axe Gardanne-Marseille. Les mignardises, les cafés s'enchainent au fil d'un long protocole. L'issue administrative est l'expropriation de nombreuses parcelles transformées en chaussée.

    Dans la bastide, les habitudes ont tenu bons, Madame Gros à présent veuve perpétue la tradition familiale de poésie. Que d'inspiration par de la fenêtre, les pins centenaires du parc ceinturé par un fort mur de pierres. Se faisant, le faste de la demeure devient pesant, une aile est ainsi louée aux proches de la famille. Les repas sont souvent pris en commun au deuxième étage : la grande cheminée de pierre éclaire les moulures des plafonds hauts perchés.

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    Pendant que le temps s'écoule au dehors les passions immobilières prolongent les infrastructures routières mises en place. Le projet "Décathlon" l'emporte, avec lui le sort de la Loë. Tandis que le groupe sportif bâtis son complexe, la Loë entame une longue période de coma à l'issue plus qu'incertaine. Si l'état de la demeure de maître est très correcte, son pronostic vital est pourtant engagé. Les choses avaient pourtant bien commencé pour l'infortunée. Pour la protéger, le groupe Décathlon avait fait construire la "maison du gardien" à son immédiate proximité. Pourtant, la Loë reste vide. Les années passent tant et si bien que loin déjà de l'inauguration, le commerce bas son plein. Les rires percent depuis l'accrobranche établi dans les bois conservés de la propriété.

    A la bastide de la Loë, les fenêtres monumentales restes closes même si au dedans quelques expériences ont été lancées. Dans la pièce de réception aux mensurations impressionantes, trone abscon un jaccuzi de grande taille inserré dans un parquet spécialement disposé à son effet. Puis, plus rien. Ce dispositif ne semble être qu'un morceau de projet qui le restera à jamais. Comme le reste des effets, le jaccuzi est triste, masqué de poussières. Dehors, quelques cadres maison brisent parfois l'interdit et d'improviser un pic-nic sous les chênes centenaires. Un autre jour, la maison du gardien, sa piscine attenante sont demantellées.

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    Le petit luxe du déjeuner des cadres n'avait pas plus d'avenir, en 2010 la bastide est tout simplement détruite : là où le malade est débranché. Un après-midi, il y a ce groupe de jeunes qui tentent de poser sous les hauts pins, le fort mur de pierres qui est resté : rien ne vient.

    dekat

     


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