• UNE ESCROQUERIE EN GROUPE DE PAROLES : LA TONTINE A AIX ET AILLEUR

    Une escroquerie en réunion à Aix-en-Provence : La tontine

    Au loin tout est calme. Une de ces petites rues pavillonaires tranquilles, bougeoises. Toutes proches du centre ville la plupart des maisons disposent en luxe d'un jardinet. Dans ce contexte aixois une bien étrange réunion a lieu dans l'un de ces écrins de verdure privatif. L'occasion est pourtant commune en effet, les participants se retrouvent pour partager un repas. Il s'agit en somme de profiter de la nuit à venir entre amis et autour de victuailles.

    Il y a là en sus de notre hôte : un étudiant, un professeur sans doute de lycée peut être de mathématique ou de sciences physiques, un employé de maison de retraite, un jeune peut être dans les vingt cinq ans et un travailleur se disant au service du social. Le ton est bon enfant et Martine est ravie de mettre à disposition sa petite demeure pour partager un agréable moment. D'emblée chacun comprend que nul ici ne se connait à tous le moins cela semble ainsi en apparence.

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    Du reste, il y a en fait distinct un public et un couple d'orateurs en les personnes de Martine dans le rôle d'organisatrice et du travailleur social en guise d'habitué. L'entrée est servie sous forme d'une soupe orale visant à justifier la présence de chacun par la volonté commune à tous de gagner de l'argent, de rompre avec une logique financière selon laquelle "les autres s'engraissent". Martine se présente comme une solution, un moyen d'accéder enfin au capital. Le public oscille entre sépticisme et entrain.  Le discours de Martine coule, il est déverssé depuis les origines de sa méthode au fin fond de l'Afrique jusqu'au partage de celle-ci avec l'assemblée présente. 

    L'histoire est belle : une sorte de parade, de clone du micro-crédit, un système révolutionnaire qui aurait permis à des millions d'africains parmis les plus pauvres de sortir de leur misère. La valeur ajoutée de Martine est la capacité d'adapter cette méthode à  nos occidentales contrés. A ce stade, on attend bientôt les diapos et pourqoui pas quelques larmes de Martine versées sur le souvenir d'un être chère perdu. Or il n'en n'est rien, le flôt de paroles se fait de plus en plus commercial. Chaque opposition du public ou tentative de contradiction est immédiatement stoppée et maitrisée par le travailleur social.

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    Bientôt, au moment ou nous aurions dû finir l'entré, le travailleur social passe du statut de témoin à celui d'orateur. Il est ici dans les quartiers de Martine et à son service. Il fait puissance de sa carrure athlétique et finit par monopoliser une attention qui doit à présent être. Car si ce n'est pas le cas, à la garde et fit au séptique :  "tu restes avec nous ou tu part "dit le travailleur social à celui qui semble le plus faible, le plus acroché. Martine acquiesse et du regard assure l'assistance de sa confiance totale envers ce représentant qui est visiblemement dans leur système de référence un simple subalterne.

    Nous quittons bientôt l'Afrique, un petit verre est servit, la boisson que chacun à dû amener pour une convivialité réussite est mise à conribution. Le travailleur social parle à présent de ses finances, En effet, ce dernier a bien un polo ciglé d'un batracien et de ses chaussures de ville qui parraissent éternellement brillantes. Pour sûre qu'il choisit bien ses costumes. Pour ce dernier, la richesse, son beau 4X4 n'est pas le fruit de sa touchante dévotion auprès d'un public social. Non, ce n'est pas son travail, son faible traitement qui lui permette des largesses, de posséder quelques éléments de luxe. Toutes ces choses acquises il les doit à Martine, à la Tontine, au cercle.

    Ce doit être le code, Martine, à ce stade devenue robotique sort, faignant un brin de mystère, une feuille sur laquelle plusieurs cercles sont représentés. Le tout est redigé à la main et complété d'un carnet ou des noms s'égrenent parfois surlignés d'un fluo tout scolaire. A y regarder de plus près les noms sont des pseudonymes et Martine de préciser que le carnet constitue l'ordre de redistribution des sommes entre les membres de la tontine. Les sommes placées seraient redistribuées bonifiées d'un intérêt représentant 100 % sous quelques semaines.

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    Le travailleur social enchaîne, expliquant que l'accès à l'argent passe par l'investissement dans un cercle. Il s'agit de donner 1 000 ou 10 000 euros pour en gagner demain beaucoup plus, pour sortir, comme ces petits africains de ce que nous considérons comme la misère. Le principe est celui de la pyramide ici présentée sous la forme de cercle ce qui résoud le problème des questions posées quand au devenir des individus positionnés au bas de la pyramide. Au cour de la réunion, ces importantes questions de gravité, ces questions autour de la base qui doit nécessairement supporter l'édifice ne sont pas posées.

    Après son show, c'est le travailleur social qui sonne le la et annonce le début du repas. A ce stade ce dernier espère certainement avoir créé le terreau de la crédulité des êtres et peut être le ferment propre à anhiler les consciences de toute une assemblée. Au cours du repas chacun raconte sa petite vie. Le prof peste contre sa paye qu'il aurait espérée meilleur, contre sa vie qu'il sait si minable. A côté, le jeune étudiant semble avoir des motifs plus financiers, plus loin un gars qui parrait-il travail à la Poste y croit dure comme fer. De toute évidence ce dernier n'a pas envisagé la possibilité d'une complicité entre Martine et son disciple. A la fin du repas, l'air de la tontine revient sur la table.

    Tandis que les jambes se crispent, à partir du tronc chacun fait bonne figure. A cette étape du processus, il s'agit d'accepter l'extorction de 1 000 ou de 10 000 euros pour passer au statut de héro et peut être un jour être un gros con comme le travailleur social. Le gars du tri postal, car plus en avant dans le repas, ce dernier à décrit son atelier de travail, semble bien mûre. Ce soir là, la tontine aura envouté un gogo de plus et pour les autres : invitation est prise pour le mardi suivant. Dehors la sortie en groupe dans cette rue déserte donne une impression de groupe aux participant qui sitôt le carrefour passé s'en retourneront à leur solitude à la confrontation avec une inutilité chronique fruit d'une frustration accumulée face aux coups reçus d'une société qui n'adopte plus ses hommes.


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