• UNE GARE PASSAGER A LA PIOLINE-DURANNE

    D'une part,

    Soupe d'autos et fret de nuit

    Prenant une tasse de thé au fond d'un jardin Impasse Pibouls, la terre gronde légèrement anonçant le passage d'une rame de fret, direction la Gare de Fret des Milles. En bon habitué, Georges hausse à peine les épaules. Passant lentement les wagons semblent glisser sur les rails. La baisse du fret pour Georges et les quelques riverains de la ligne ferroviaire reliant Aix-en-Provence à la Gare de fret d'Aix-les-Milles est une bonne affaire. Les trains ici sont rares. Ainsi, les animaux du Tubet - communauté religieuse établie non loin de la voie -  les patients de la Maison de retraite de Valcros peuvent jouir du calme et même profiter de la protection de l'enceinte ferrée.

    La beauté d'une ligne désuette avec ses trains fantômes n'est pas du goût de tous. Loin de générer uniquement une représentation paysagère, la ligne ferroviaire est actuellement au centre de toutes les attentions. Du côté du Hameau des Martély par exemple, les agents Sncf sont au travail pour restaurer la voie lorsque de l'autre côté : Impasse des Pibouls, les terrains changent de propriétaires, de destinations, le spectre de mise en ZAC des terres plane. Des gitans installés sur un terrain vague - qui fût durant un temps lointain un domaine nomé l'Ensoleillé bâtisse de style habitée, squatée puis rasée - ont été enjoint au départ par le propriétaire "Canton 13", pourtant resté immobile depuis près de dix ans. En reste : un monceau de detritus, traces des mois de campement, de l'infortune. Tous ces bouts de vie devraient très bientôt disparaitre, poussés par les engins de chantier attendus sur les lieux. Pour ces derniers, "ça va chauffer" avec tout un programme de bureaux à construire, d'équipements collectifs à disposer. Tandis que les derniers véhicules sont rapatriés, à la façon du QG de la Communauté du Pays d'Aix dans le quartier de la Nativité, les Bureaux de la colline des Pibouls sont déjà attribués, vendu par Natixis sur plan à une collectivité territoriale.

    Les véhicules épaves sont évacués
    Les restes anciens des repas de l'Ensoleillé

    Suivant la ligne un peu plus à l'ouest, les abords sont dédiés aux commerces avec notamment l'implantation d'une célèbre enseigne concessionnaire moto aixoise en lieu et place d'une entreprise plus discrete spécialisée dans les solutions de tringlerie. La voie surplombe tout au long jusqu'aux abords de la Zone commerciale des Milles. Faisant office de grillage à quelques propriétés éparses, le couloir ferroviaire  atteint le niveau du village des Milles où l'habitat est plus resserré aux abords de la voie à l'image de ce lotissement livré l'an passé si proche. Plus loin c'est l'approche de la Tuilerie des Milles.

    Terminus à la Gare de Fret

    De mémoire sinistre, le site encore actif n'est qu'un point de passage pour la voie qui continue vers la Gare de marchandise de la Zone Industrielle de la Pioline. Si la Tuilerie des Milles expédie à l'heure actuelle sa production en direction des Milles, jadis la destination était plus urbaine : la Gare de marchandise sise à Aix-en-Provence non loin de la Rotonde. Vaste de cinq hectares le secteur ferroviaire urbain devint dans les années 1970 un boulet pour la commune déjà engagée dans une extension - aujourd'hui objectivée comme naturelle - vers l'ouest par le biais de l'opération Sextius-Mirabeau. C'est ainsi quand 1974, la Gare de marchandises, joyaux d'acier du centre historique aixois, fut transférée dans ce qui était alors une zone industrielle en gestation.

     

    Ainsi pour les vaches du Tubet, pour les coqs des Martély, les trains chargés de tuiles passèrent d'un sens à un autre. Ainsi, le sens du hochement de tête fut différent, sa fréquence fut considérablement amoindrit. Sauf pour quelques transits, le tronçon de voie compris entre la Gare de marchandises des Milles et le Centre-ville ne fut dès lors plus guère utilisé.

    Le retour d'Ullysse,

    L'ultime problème posé à l'époque aux promoteurs municipaux de la Zone industrielle des Milles, Guy Crest et Christian Pinazo fut, d'après l'excellent ouvrage "Il était une fois Le Pôle d'Activités d'Aix-en-Provence" - sous la Direction de Jean-Pierre Kechissoglou - la question des "raccordements permettant de rejoindre la voie ferrée. L'achat des terrains concernés - ce qui est devenu la zone artisanale - est négocié par les deux hommes". En d'autres termes, l'enjeu de la connection au réseau ferroviare du site était un enjeu de première importance.

    Depuis, à l'ouest rien de nouveau sous le rail à tout le moins en apparence. L'assurance pour les riverains de leur tranquilité est remise en question tandis que l'illusion pour certains d'acquérir des terrains paisible se monnaye. La cause de ce changement de régime ressort comme la conséquence d'une politique engagée par la SNCF visant à la réhabilitation de la ligne à des fins d'exploitation commerciale avec en lieu et place des tuiles des passagers.

    Pour signer de l'arrivée prochaine des voyageurs sur la ligne, il suffit de constater le retour des prospecteurs fonciers à la solde de la SNCF. Comme en 1970, la quête du spot idéal, de la parcelle mystiquement ferroviaire s'effectue dans les champs du côté de la Pioline. Sur les traces de leurs ancètres, les géomètres, les promoteurs acrédités sncf étudient sur le terrain la faisabilité d'une ouverture au trafic passager de la ligne.

    Une nouvelle gare voyageurs à La Zone industrielle de La Pioline,

    La réalisation du projet est en cour et l'un des traits le plus visible, sa manifestation la plus prégnante est le choix d'ors et déjà  arrêté quant à la position de la future Gare voyageurs. En effet, si les pasagers peuvent embarquer sans problème en Gare d'Aix-Centre-Ville, vers quelle destination, cette nouvelle trajectoire les conduira-t-elle ? Pour parrer à toutes polémiques, il s'agit de résoudre cette question.

    En ce sens, la SNCF à très recemment procédé à l'acquisition définitive de terrains actuellement agricoles à la hauteur de la sortie La Pioline Zone industrielle - sur la gauche de la route venant d'Aix - afin d'y établir une Gare passagers. Déjà mis à l'épreuve par le remembrement tout en douceur de la base aérienne, les "proches" doivent s'attendre aux conséquences de l'arrivée d'une telle structure. Entre futurs parkings, commerces de proximités et risques de saturation du trafic, chacun jugera de l'impact des évènements.

    Et d'autre,

    Le rêve de Patrick en ligne,

    La fin du week-end pour Patrick est bien triste à contempler son véhicule vandalisé. Durant le trajet, à Paris il avait pu se protéger de l'angoisse du retour bien à l'abri de sa sauvageté soixantuitarde. Hatté par le départ, Patrick avait posé sa voiture lasse au bord de l'anneau, à la suite des autos déjà stationnées. Si le stationnement aux alentours de la gare d'Aix-en-Provence TGV est prohibé, les parkings officiels ne suffisent plus à accueillir le chaland, le Patrick.

    La semaine suivante "Pat" ne prendra pas de risques, préférant en ce sens un accès à la "Gare de campagne" via la "navette" de sa ville. Depuis Aix-en-Provence, les allers-retours s'enchaînent toutes les trente minutes assurant - aux horaires des trains - une desserte efficace. Pourtant, l'alliance travé-chaussée, caténaire-reverbère de la ligne Aix-TGV/Aix-Ville aggrave l'infection généralisée des infrastructures routières posées entre les deux destinations. Le bitume est saturé laissant poindre à heures fixes des fils de voitures depuis le Centre Commercial de La Pioline jusqu'au Bassin du Réaltor. Dans cette masse, les bus croisent toutes les demis heures s'intégrant dans une mécanique rouillée, ralentie.

    La Gare de La Pioline comme avant-poste d'une connexion vers Aix-TGV

    Evoquée par de nombreux médias, révêlée par le bon sens, l'idée d'une connection entre les gares TGV de campagne telles que celles d'Aix TGV ou d'Avignon TGV et leurs villes de référence s'invite au débat. Si la réussite de ces nouvelles gares est incontestable en terme de visibilité, de maîtrise d'un espace auparavant de friche, de désert, le concept souffre du manque de filiation naturelle avec leurs unités urbaines de référence : Aix-en-Provence et Avignon . Il s'agit de repoduire un lien naturel fait de traverses et de rails. La Gare de campagne d'Aix TGV est en voie d'être sinon adoptée au moins rapprochée de sa ville via la future Gare de la Pioline si proche et si lointaine à la fois..

    °°°

    La Suite : plusieurs articles dans la Provence sur le combat des "Valcros"

    -  "Manifestation cet après-midi pour défendre Valcros" par Paul-Henry Fleurs, édition du Samedi 13 mars 2010

    - "Un collectif de défense de la Campagne Valcros" par S.P., édition du Dimanche 14 mars 2010.

    - "Plan d'Aillane Premier maillon de la toile" par Jean-François Hubert, Aixendiaogue, n°74, mai 2010.

    Le site de l'Ensoleillé vue depuis GoogleHearth c'est ici : http://maps.google.fr/maps?q=impasse+des+saints+pere+aix+en+provence&oe=UTF-8&ie=UTF8&hl=fr&hq=&hnear=Chemin+des+Saints+P%C3%A8res,+Aix-en-Provence,+Bouches-du-Rh%C3%B4ne,+Provence-Alpes-C%C3%B4te+d'Azur&ll=43.51488,5.427209&spn=0.001786,0.004812&t=h&z=18

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  • Commentaires

    1
    meliflore Profil de meliflore
    Vendredi 26 Mars 2010 à 14:25
    Intéressant
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