• Usine, Crassier et Paludiers

    Il est un quartier à Istres qui frappe par son indépendance. Comme la base aérienne secrète et fermée, le hameau de Rassuen cultive ses différences sans barrière ni guérite. A son origines, l'industrie du sel menée depuis l'Antiquité jusqu'à la toute fin du siècle dernier. La zone de retrait marin, elle même formée il y a près de 10 millions d'années, constitue une prodigieuse réserve salifère. Au fil des siècles, de nombreuses infrastructures sont édifiées en qualité d'outils industriels. La terre est organisée en salin, là où le paludier récoltait ce que fut l'or blanc.

     

    En plus des aqueducs et autres sous-terrains assignés à la circulation de la précieuse saumure, la Compagnie Générale des Produits Chimiques du Midi va équiper le site de la plus grande unité d'extraction et de transformation du sel de la région. L'Usine de Rassuen est construite à partir de 1809 sur un terrain de 17 hectares à l’aplomb des salins de Rassuen. Très novatrice, le monstre industriel emplois au moins 500 personnes dont la plupart loge à proximité et de bâtir le hameau de Rassuen. 

    A plusieurs reprises, l'usine change de propriétaire - Compagnie française de l'azote, Norks Hydro Azote -, s'adapte à la demande. Au début de cette aventure, c'est le contexte de la guerre d'Espagne qui permettra d'obtenir des commandes de sel. Par la suite, les clients seront des savonneries ou des fabricants de verre, acheteurs de soude puis enfin la période engrais. De la simple extraction de sel à la production de multiples produits chimiques, l'usine de Rassuen a usé de diversification jusqu'à apparaître comme obsolète dans les années 1980.

     

    L'arrêt définitif de l'activité en 1988 avec le départ des 70 employés a été précipité par un retard technologique des installations. Le procédé Solvay de transformation des sel utilisé au Salin de Giraud est moins couteux ce qui signe la fin d'une machine industrielle qui n'est plus adaptable. A ce jour, même si certain évoquent un parcours de golf, aucun projet n'a été concrétisé pour réhabiliter cette vaste réserve foncière. La pollution aux métaux lourds freine les ardeurs des investisseurs. Qui se risquerait à valoriser un site pollué au plus haut niveau et cela jusqu'au 3 puits qui s'enfoncent à 20 mètres sous la terre. A la marge mais sous surveillance, la vieille usine complètement délabrée offre d'éphémères terrains de jeux pour une scène alternative.


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