• VILLA MADY OU LA FIN DES AGENTS ORANGES

    avenant, le petit Quartier des Platanes se donne à voir aux chalands par le biais de ses petits commerces. Fringant entre la sortie de Venelle et la montée des Alpes, qui descend jusqu'à Aix-en-Provence, une boulangerie côtoie un bar, une épicerie et un peu plus haut un confrère fournil. Derrière ce carrefour au parking avenant se dessine un réseau de chemins secondaires qui fuit de toutes parts en impasse.

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    Baignoire pas Carlus

     

    Bien lotie les uns dorment à l’abri de vielles tuiles disposées sur de superbes bastides. A quelques mètres, d'autres continus l'expérience alternative de nos contemporains hippies. Encouragé par des parents "compréhensifs", un jeune couple jouit d'une vue imprenable sur la ville, perché dans un bout de verdure du quartier des Platanes dans une maison à l'accès uniquement piétonnier. En outre, au-delà du Viaduc, le long de l'autoroute A51, un chemin à des allures de quartiers pavillonnaires. Toutes les parcelles sont ordonnées et les jardins cachés de murs crépis et propres. Ronronnant un Karcher sur roue est à l'action 

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    Duos ronces et béton
     

    Au-dedans, les jarrons de pierre sont curés, grattés : les nouveaux acacias y seront très bien. Pourtant, comme en rupture, la villa Mady en impose par son architecture. Le poids des années d'écart entre la vénérable et les maisons riveraines donne de l'aplomb à la bâtisse. Si la plupart des maisons ont vu le jour dans les années 1960-1980, la Mady revendique un petit siècle d'existence. Pas tout à fait dans son temps, la maison n'a pour ainsi dire jamais été en accord avec son époque. En effet, à peine la belle est-elle sortie de terre que déjà son domaine est menacé. Victime de sa situation, le parc de la propriété est frappé d'alignement dans les plans de ce qui doit être une solide alternative à la Route des Alpes.

     

     

    Arrière-court

    Souvenez-vous. Naguère, dans les années 1950, l'accès à la commune d'Aix-en-Provence depuis les Alpes, le nord de la ville, n'est possible que par la Route des Alpes dont le seuil de saturation est très vite atteint. Le relief du site ne permet pas d'envisager un élargissement de la chaussée. Cette somme d'éléments pousse à envisager l'aménagement de la section d'autoroute reliant Aix-en-Provence à Venelles puis par la suite à bien d'autre villes - via l'extension de l'autoroute vers Sisteron. Bientôt, les experts géomètres viennent frapper à la porte de la demeure. Dans les faits, les agents des Pont et chaussée sont mal à l'aise hélant les propriétaires depuis le vieux portail de fer forgé.

     

     

    L'annonce de la nouvelle, de la fin de la Mady, est d'autant plus pénible à effectuer que la demeure est accueillante. Les agents invité à rentrer traversent un jardin inondé en ce mois de juin par les feux de l'été. Pourtant sous les platanes centenaire l'air et frais. Un escalier de pierre conduit à la terrasse en fleurs. Au dedans, les agents suivent et accèdent enfin à une autre terrasse, celle-ci est vitrée et domine les champs. Assis autour d'un verre, la discussion s'engage sur les termes de l'expropriation.

    Veranda bien urbaine

     

    Plaque de baptème

    Comme d'autre, la Mady est frappée d'alignement et bientôt une partie de ses jardins est coulé sous le bitume de l'Autoroute 51. Un mince filet de grillage, déroulé tout au long de la nouvelle voie, coupe la Mady en deux. Au final, tout le bâti est conservé. Du reste, la vue depuis la terrasse fermée a bien changé. Outre une grue ou le gabian de passage, José doit ouïr le son du paysage de milliers d'automobiliste. Emue, ce dernier se souvient des premiers jours où la maison fut réquisitionnée en qualité de QG du chantier de l'autoroute. Situé sur le réseau public, la maison est devenue au fil des ans une officine de la DDE. On y stockait jusqu'en 2007 les panneaux mises au rebus, les objets retrouvé au long de la chaussée, une saleuse ou un tracto encombrant.

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    Depuis les ambassadeurs des Pont et chaussée jusqu'aux agents chargés du déneigement, les hommes en orange ont pris possession de la propriété. Ainsi, le jardin a été agrémenté de boxes métalliques chargés de l'accueil des machines. Plus loin, un bateau est comme échoué : tombé d'une voiture un dimanche de janvier. Les souvenirs de la famille expropriée ont disparus exception faite d'un pull de jersey vert, d'ouvrages d'art corrompus par l'humidité tandis que durant une vingtaine d'année ceux de l'autoroute y étaient comme en galerie. Vidée de son contenue ces derniers mois, la Mady devrait connaître d'ici peu une seconde vie, peut être à l'occasion d'une mise en vente aux enchères. Rescapé de la rafle, un panneau 50 est inutile et cette pauvre affiche de sécurité routière tond sur tond avec les murs jaunis.

     

    Stock d'hiver
    Déco perso 

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