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    Le repas bat son plein à grand coup de dents emoussées, de dentiers achetés à grands prix. Mais alors, les os sont-ils rongés ? Les légumes très cuits pour être denterement adéquates ? Que nenni, ces dames et ces quelques monsieurs sont très bien équipés. Bien à l’abri dans les bouches, les apareillages sont mis à rude épreuve. Un imprévu se dessine juste dans le dos de l’étudiant. Mr de Manière à rejeté une partie de son plat. L’apéritif pris dans la chambre aura sans doute trop durée.

    Bien avisées et rodées, les voisines sont déjà en mode critique et boivent comme un film les rejets de leur chère voisin. Affolé, l’étudiant cherche déjà un ustensile pour éponger la table souillée de vomissures mais déjà Irène est sur les lieux. Ces pas sont les plots orange qui indique le chantier, ces parole de larges panneaux lumineux qui égrainent des messages de prudence. D’un revers, Irène pousse en retrait le kit alimentaire. Les restes sont isolés, la nappe mis en boule assure une parfaite poche à vomis.

    Déjà à l’exterieur un fauteuil roulant est affrété, le coussin bleu clair est là, direction la chambre. Ce soir au moins, le 5 ième étage ne vrombira pas au son des bouteilles jettées par le vide-ordure. Irène conduit l’invalide et d’une main confit le tissu plein de liquide chaud à l’étudiant qui butte sur la procédure à suivre. A l’affut, Alain attend pour montrer la poubelle et jouir du prestige de ses responsabilités. Malgré sa chaise vide, Monsieur de Manière fait la une d'El Rago : sorte de gazette interne immaginée par les résidents pour rendre corps à leur société. Ni écrite, ni même dites, l’édition du quotidien s’imprime dans toutes les têtes.

    Les lèvres plissées de ces dames bruissent et salive sur le malaise. Ici l’accent est mis sur l’alcolisme latent de cet homme que l’on dit brisé par une vie familiale terminée en impasse. Mieux que celà, Madame Laugier évoque l’image de l’entenoir pour illustrer la lente agonie de cette épouse qui fut parrait-il si dévouée. Attentif, le nouveau est plein d’empathie sur ses reflexions issues des compagnons de fin de route.

    Ces porteurs de cerceuil sont pour le coup des imposteurs ne livrant que des faits receuillis au bon vouloir du personnel détenteur des précieux dossiers. Depuis les dires, la lecture d’El Rago, chacun dresse un portrait de cet hommme gisant dans son vomi. L’évènement hotte bien des angoisses et les tables proches s’envolent dans le positif. Depuis, les rires s’enchaînent, seul l’étudiant garde sur le bas de son pantalon quelques traces de l’incident.

    Irène ayant misé sur le tout négatif et le recul des côtes de la plupart des résidents se questionne sur l’origine du mal de Monsieur de Manière. Emportant les dernières assiettes chaudes du service, Très vite la Chef s’ennuie du retard pris. Docile, le jeune emporte une dizaine d’assiettes assurant pour le coup un nouvel interlude : deux assiettes à terre parfaitement cassées. Au dehors, Irène n’en perd pas une miette chronométrant son intervention au moment du très humiliant ramassage à la pelle et au balais.

    Ca piétine ferme vers le grand hall où les ascenseurs sont pris d’assauts. Dans cette lutte qotidienne, les plus forts restent les plus ponctuels. A quelques secondes près, Madame Frerraud n’aurait pas attendue parmis les autres, elle aurait évité de montrer son rang de bonne dernière au sein d’un groupe de patients. Madame Surreaud excelle barrant de son fauteuil le seul funiculaire disponible. Son jumeau hors service souffre de l’affairisme des rentiers qui vivent bien de la fin des autres.


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