• DOMAINE LABORY, CABRIES

    A l'arrivée, un vent souffle sur la ferme, la garrigue alentour est en mouvement. Comme une piste en savane, un accès est tracé parmi les rocailles, les matériaux rebus des activités passées. Bientôt, un portail béant, mortifié indique l'entrée du cœur de la bastide. Cette dernière a fière allure, s'étalant volontiers en hauteur.

    Original, le bâtiment semble avoir été cent fois remanié. Depuis ses premières fonctions agricoles. Du temps où le futur évêque de Corée emblavait les terres du Domaine de Labory. En 1800, le fond de l'air est frais dans cette enclave reculée du Massif de l'Arbois. Emmitouflé, Monseigneur Imbert doit compter sur l'épaisseur toute provençale des murs de la demeure, protégé, reconstruire sans cesse les dépendances agricoles probablement asservies à la culture d'oliviers, peut-être de vigne.

    Partie pour la Corée à des fins d'évangélisation, Monseigneur y parvient en l'an de grâce 1837. Ce dernier ne reverra jamais le village de Callas, son domaine, périssant en martyr dans des conditions atroces en 1839. Soucieuse d'illustrer ce précieux personnage, la communauté de Callas l'immortalise statufié sous le pic d'Hippolyte Ferrat : la sculpture est toujours en place au-devant de l'Eglise de Callas.

    Au Domaine de Labory, aucun symbole, pas même une pierre ne rappel les convictions religieuses du missionnaire Imbert. Pour cause, la succession d'occupants de la demeure comme ce couple de fermiers d'origine vietnamienne, exploitant les terres à partir de 1956. Ces nouveaux pionniers vont tenir la propriété avec une ouvrière agricole et son jeune fils jusqu'en 1984 année de leur départ. Par la suite, une société spécialisée dans l'organisation de réception, l'alimentation asiatique du nom de "Minh-Than" avait repris les lieux. A cette occasion, les vestiges abandonnés témoignent des travaux entrepris pour faire de la bastide un joyau hôtelier.

    Dans cette perspective, on remarquera les trois salons et leurs cheminées spectaculaires, la grande terrasse haut perchée sur les toits, de même on aime, perdue sous des gravats, cette porte métallique percée anciennement à usage de passe-plat. Déjà les tablés apparaissent au-devant, partout autour du bassin aux jouets pourris les convives devisent. En retrait, un double garage devait être réservé aux hôtes de marques.

    Dans l'antre du domaine, partout l'usure, les générations de vandales ont fini de révéler la structure du bâtit. A chaque étage, dans chaque pièce le danger s'installe rendant à jamais le Domaine de Labory à la terre. Plus jeune, des extensions faites de béton n'ont jamais été crépies, habillées pour l'éternité de tag, l'un deux est comme une plaque pour le domaine indiquant : Maison du chinois.

     

    Quelques photos du domaine à l'heure actuelle

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