• la maison des singes à peynier

    LA MAISON DES SINGES DE PEYNIER

    jjkluug

    Parfois, derrière un transformateur électrique il y a aussi ces "plateaux-repas" pour chat. Pour le coup on cherche une vieille du regard. On imagine cette dernière, version pigeon, rependant sur une surface de ville piétonne et pavée une quantité impressionnante de pain prêt à être becqueté. "Dès fois ils sont bien plus gentils que la plupart d'entre nous" telles auraient pu être les paroles de la dame aux pigeons. Elise R, aujourd'hui décédée, aurait pu tenir les mêmes propos. Elise résidait dans une modeste maison non loin du petit hameau des Michels du coté de Peynier - 43°30'05.82"N - 5°26'30.50"E.

    Cette demeure, nommée La Treille à l'origine, nous l'avions surnommée : "l'Ilet aux singes". Et pour cause, Ranko un solide gorille y a longtemps demeuré effrayant parfois les enfants de voisins attirés par l'étrangeté des lieux. La maison est sise en bordure d'un petit chemin rural, sans voisin; le bâti est modeste avec un grand terrain - de 1,2 hectare environ - en partie planté de vignes. L'entretien de celles-ci est confié à Mr R plus ou moins exploitant viticole. A la fin des années 1970, en 1978 exactement, la masure est confrontée à de nouveaux occupants qui vont profondément la marquer. Paul et Elise R rentrent alors d'Afrique. Là-bas, leur vie rappelle la série Daktarie. Lui, soignant un singe, elle, brossant un lionceau, voilà quelques-uns des clichés noir et blanc, la période africaine de ce couple de futur quinquagénaire.

    Le retour inévitable en "métropole" est difficile et pour garder le "contact" Paul et Elise ramènent d'Afrique quelques-uns de leurs compagnons. On retrouve Ranko le gorille mais également une panthère et des lynx. Les quadrupèdes exotiques sont parqués dans des cages sur le côté de la maison ou encore dans un enclos sur le devant. Ces installations, exécutées à la va vite, contrastes avec la "cellule" aménagée pour Ranko à l'intérieur même du foyer. Celui-ci du reste est modeste. Il y a deux niveaux. En bas : un salon, une cuisine et à la suite un garage. En haut : deux chambres. La maison de Ranko est une pièce attenante au salon qui communique avec cet espace par une solide porte armée de barreaux véritable pièce carcérale.

    Paul R est allemand, il est né en 1915. Elle est née en Algérie et est un peu plus plus jeune que lui. Le couple passe pour étrange auprès des riverains et des habitants de la petite commune de Peynier. Madame récupère volontiers les fruits gâtés en fin de marché pour nourrir sa petite ménagerie. Un jour, vers 1998/2000, pour des raisons indéterminées, Paul "repart" en Allemagne laissant Elise seule à ses rêves de .... vétérinaire, de zoologue accomplie. En effet, Elise forte de son expérience africaine nourrissait le secret espoir d'épouser la profession, de trouver de nouvelles possibilités : une symbiose professionnelle avec ses chères animaux.

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    Non loin de la demeure, du côté de la déchetterie de Trets, se trouve justement l'un des seuls instituts qui pratiquaient dans les années 2000, de façon officielle, des expériences sur les animaux et notamment sur certaines variétés de singe... Ayant rédigé un cv, une lettre de motivation, Elise tenta sa chance mais pour elle, se fut une triste désillusion. Un mur énorme était posé entre les connaissances quelle ressentait et les compétences pressenties pour réussir le sinistre recrutement.

    Du reste, la maison fut laissée à l'abandon au départ d'Elise pour une maison de repos. Celle-ci, livrée à elle-même, s'était laissé aller dans la demeure au point de donner à celle-ci des airs de maison fantôme. Les animaux d'une fragilité tropicale mourraient les uns après les autres. Non qu'ils n’aient été aimés mais plutôt que cet amour fut dépassé. Ce n'était plus l'heure de Daktarie. La passion d'Elise poussait cette dernière à pratiquer des autopsies sur la dépouille des animaux qui par la suite était stockés dans deux congélateurs, mis à l’abri du temps dans le garage.

    Le départ d'Elise laissa un site dévasté. Il y est peu aisé de distinguer l'avant de l'après, le mélange du rangement. Il y a ces lettres non ouvertes qui marquent de la retraite solitaire d'une propriétaire laissée là à plus de 3 kilomètres du bourg. Il y a bien les véhicules dehors. Cette Volvo blanche avec les sièges rongés par des singes, des passagers occasionnels. Mais la flotte est inutilisable comme avariée. Une caravane au dehors semble hors du temps tandis qu'au garage, trois ans après le départ d'Elise, les congélateurs sont toujours là, leur contenu dégage à présent une odeur putride.

    Le sol est jonché d'objets. A terre le carrelage est recouvert. Un livre d'apprentissage pour l'anglais, un dé à coudre et des sacs, une montagne de sacs poubelles. Ils sont là, jetés vers le garage depuis la cuisine et jamais débarrassés. Il y a là quelques semaines, quelques mois d'une vie que l'on devine précaire : la détresse d'Elise...

    Parfois, derrière un transformateur électrique il y a aussi ces "plateaux-repas" pour chat. Pour le coup on cherche une vieille du regard. On imagine cette dernière, version pigeon, rependant sur une surface de ville piétonne et pavée une quantité impressionnante de pain prêt à être becqueté. "Dès fois ils sont bien plus gentils que la plupart d'entre nous" telles auraient pu être les paroles de la dame aux pigeons. Elise R, aujourd'hui décédée, aurait pu tenir les mêmes propos. Elise résidait dans une modeste maison non loin du petit hameau des Michels du coté de Peynier - 43°30'05.82"N - 5°26'30.50"E.

    Cette demeure, nommée La Treille à l'origine, nous l'avions surnommée : "l'Ilet aux singes". Et pour cause, Ranko un solide gorille y a longtemps demeuré effrayant parfois les enfants de voisins attirés par l'étrangeté des lieux. La maison est sise en bordure d'un petit chemin rural, sans voisin; le bâti est modeste avec un grand terrain - de 1,2 hectare environ - en partie planté de vignes. L'entretien de celles-ci est confié à Mr R plus ou moins exploitant viticole. A la fin des années 1970, en 1978 exactement, la masure est confrontée à de nouveaux occupants qui vont profondément la marquer. Paul et Elise R rentrent alors d'Afrique. Là-bas, leur vie rappelle la série Daktarie. Lui, soignant un singe, elle, brossant un lionceau, voilà quelques-uns des clichés noir et blanc, la période africaine de ce couple de futur quinquagénaire.

    Le retour inévitable en "métropole" est difficile et pour garder le "contact" Paul et Elise ramènent d'Afrique quelques-uns de leurs compagnons. On retrouve Ranko le gorille mais également une panthère et des lynx. Les quadrupèdes exotiques sont parqués dans des cages sur le côté de la maison ou encore dans un enclos sur le devant. Ces installations, exécutées à la va vite, contrastes avec la "cellule" aménagée pour Ranko à l'intérieur même du foyer. Celui-ci du reste est modeste. Il y a deux niveaux. En bas : un salon, une cuisine et à la suite un garage. En haut : deux chambres. La maison de Ranko est une pièce attenante au salon qui communique avec cet espace par une solide porte armée de barreaux véritable pièce carcérale.

    Paul R est allemand, il est né en 1915. Elle est née en Algérie et est un peu plus plus jeune que lui. Le couple passe pour étrange auprès des riverains et des habitants de la petite commune de Peynier. Madame récupère volontiers les fruits gâtés en fin de marché pour nourrir sa petite ménagerie. Un jour, vers 1998/2000, pour des raisons indéterminées, Paul "repart" en Allemagne laissant Elise seule à ses rêves de .... vétérinaire, de zoologue accomplie. En effet, Elise forte de son expérience africaine nourrissait le secret espoir d'épouser la profession, de trouver de nouvelles possibilités : une symbiose professionnelle avec ses chères animaux.

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    Non loin de la demeure, du côté de la déchetterie de Trets, se trouve justement l'un des seuls instituts qui pratiquaient dans les années 2000, de façon officielle, des expériences sur les animaux et notamment sur certaines variétés de singe... Ayant rédigé un cv, une lettre de motivation, Elise tenta sa chance mais pour elle, se fut une triste désillusion. Un mur énorme était posé entre les connaissances quelle ressentait et les compétences pressenties pour réussir le sinistre recrutement.

    Du reste, la maison fut laissée à l'abandon au départ d'Elise pour une maison de repos. Celle-ci, livrée à elle-même, s'était laissé aller dans la demeure au point de donner à celle-ci des airs de maison fantôme. Les animaux d'une fragilité tropicale mourraient les uns après les autres. Non qu'ils n’aient été aimés mais plutôt que cet amour fut dépassé. Ce n'était plus l'heure de Daktarie. La passion d'Elise poussait cette dernière à pratiquer des autopsies sur la dépouille des animaux qui par la suite était stockés dans deux congélateurs, mis à l’abri du temps dans le garage.

    Le départ d'Elise laissa un site dévasté. Il y est peu aisé de distinguer l'avant de l'après, le mélange du rangement. Il y a ces lettres non ouvertes qui marquent de la retraite solitaire d'une propriétaire laissée là à plus de 3 kilomètres du bourg. Il y a bien les véhicules dehors. Cette Volvo blanche avec les sièges rongés par des singes, des passagers occasionnels. Mais la flotte est inutilisable comme avariée. Une caravane au dehors semble hors du temps tandis qu'au garage, trois ans après le départ d'Elise, les congélateurs sont toujours là, leur contenu dégage à présent une odeur putride.

    Le sol est jonché d'objets. A terre le carrelage est recouvert. Un livre d'apprentissage pour l'anglais, un dé à coudre et des sacs, une montagne de sacs poubelles. Ils sont là, jetés vers le garage depuis la cuisine et jamais débarrassés. Il y a là quelques semaines, quelques mois d'une vie que l'on devine précaire : la détresse d'Elise... 


  • Commentaires

    1
    Jeanne
    Mercredi 15 Octobre 2014 à 16:50
    Bonjour, j'aimerais beaucoup rentrer en contact avec vous car j'ai un projet de documentaire. Je suis réalisatrice sonore pour la radio. Merci pour cet article qui m'a éclairée sur le passé des propriétaires de cette maison que j'ai connue pendant mon adolescence. A très vite je l'espère, merci de m'envoyer un mail si vous recevez bien ce message. Bien à vous, Jeanne Robet / jeannerobet@yahoo.com
      • meliflore Profil de meliflore
        Jeudi 27 Août 2015 à 13:53
        Bonjour Jeanne, J'imagine que si vous avez connue la "Maison des singes" dans votre enfance, vous avez dû apercevoir quelques fois Ranko, le gorille de la maison, courir dans la vigne alentour. A propos du passé des propriétaires, qui ne le sont plus actuellement, l'article donne toutes les informations communicables sans atteindre à la réputation ou permettre l'identification de ces derniers. ++
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