• PEPINIERE PUBLIQUE : SEMI ET CARCASSE

    Il existe des sites, des lieux qui évoquent d'emblée comme un parfun de nostalgie. Comme l'enfant mu en adulte humant le sable des mers de ses loingtaines vacances, Joseph se souvient du bon vieux temps. Comme contexte de ce film des beaux jours un impressionnant rassemblement de véhicules. La plupart sont des 4X4, certains de formes etranges n'évoquent aucun précédent. A propos des couleurs l'harmonie est de bon ton et donne à l'oeil averti un indice quant aux gerants du site.

    Des plates-bande encombrées

    Des pépinières publiques. ll n'en n'existe que quatre à travers la France. Celles-ci sont placées sous l'autorité du Préfet via la DDAF, on parle alors de services déconcentrés de l'Etat. L'une est en Bretagne, l'autre du côté de Lyon, il y a celle de Corse et enfin le site d'Aix-en-Provence. Il s'agit de vestiges de la DDAF - comprendre Direction Départementale des Affaires Forestières -cet organisme actuellement en voie d'extinction. Comme un maux à guérir, il importe pour l'Etat et ses collectivités de recentrer leurs actions. La France n''est pas là pour jouer au planteur pourraît-on entendre. A Aix-la-Pioline, l'ambiance est à la résignation. Les locaux sont situés au fond d'une parcelle d'un peu plus d'un hectare. Au dedans des serres alternent avec des espaces cultivés en plein air et autour, tel un rempart, des rangées de véhicules. Ces derniers représentent le rebus des organismes qui partenaires comme l'ONF qui en voie de mutation comme la DDAF gravitent autour de la gestion publique des espaces boisés.

    En quelque sorte, le spectacle s'offre comme un salon de l'automobile très spécial : dédié aux véhicules réformés. L'Etat propriétaire à pris soin de laisser segments et joints, durites et  flexibles pourrir quelques saisons. ¨Partout les araignés ont leurs nids et fort nombreux sont les stigmates d'une canibalisation avancée des véhicules. A cette enseigne Joseph nous précise la rareté de certains véhicules come ces étranges 4X4 français ou encore ce rare modèle de UMM - une marque portugaise équipée de moteur Peugeot PSA - probablement survivant  d'une flotte. A l'époque, les administrations n'hésitaient pas à soutenir les industriels français fusse dans le sang et les larmes. Joseph reconnait "qu'avec quatre véhicules ont arrivaient à peine à en faire un au bout de deux années de service à peine".

    Des fleurs  et une casse automobile

    L'exposition ne souffre pas d'ordre : la visite est libre, des numéros autocollants apposés sur certains des véhicules évoquent à peine les attributs d'une vente aux enchère. Or celle-ci n'a jamais eu lieu, le dossier restant bloqué entre incompétence des uns et mise en sous-effectifs des autres. Le démentellement programmé de la structure semble pousser à l'instinct de conservation, entre désir de conserver la fonction parking et refus de prise en charge de cette gestion.  Au fond du terrain un amas évoque la souffrance de machines agricoles cent  fois démontées. L'atelier de réparation des véhicules reste opérationnel et d'un entretien clinique. Les semis pour leur part sont toujours, comme dans un élan de résistance, livrés par les agents de l'Etat. Ces semis se présentent sous la forme d'arbres, d'arbustes, de plantes empaquettées à la façon d'une pépinière. Au dos du bâtiment de stockage qui rappel l'épopée des premiers ouvrages de la DDE à la fin des années 60, se trouve la livaison de semis en partance, il doit y avoir quelques cinq cent pieds tous destinés à reboiser une forêt.

    Si la main de l'Etat fut verte, le témoin devrait être bientôt transmit aux pépinères privés et notamment aux chaines établies dans la région. Les livraisons assurées jadis par les camions DDAF le sont dorénavant par des camions ADA. Quelle hironie pour un organisme habilité à recevoir tant de véhicules. En sus, un poid lourd Renault baché trone luisant au devant du terrain, sa haute taille procure par ailleurs une ombre de qualité aux serres voisines.  Du reste, l'abscence de ceinture de sécurité et certainement de volonté pousse les agents à réserver au camion le même sort que celui des autres véhicules. Autour, hormis les rares anciens qui n'ont pas été "recasés dans l'un des nombreux bureaux de Marseille où ont fait des listes toute la journée", quelques hommes s'activent autour des plantes.

    °°°

    Il s'agit de chercheurs issus des universités, des laboratoires de recherche effectuant des expériences. Joseph de me citer l'exemple de cette étude en cours dont les tenants visent à réduire l'assêchement de certaines zones. Un touchant passage de flambeau entre ancienne et nouvelle génération. Alors que l'Etat planteur s'efface libérant quelques niches de profits, les termes des recherches risquent de s'étriquer privés d'écrins romantiques come celui d'Aix-en-Provence


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