• SQUATTE A EGUILLES : CHEZ JEAN-GAB

    Perdu dans un bout de désert Algérien, feu le patriarche Charbonnier cherche à convertir le chaland. En cette fin des années 1940, la cible est l'expatrié, le missionnaire en mal de culture, le gars de rase campagne. Dans sa cahute, le père Charbonnier essaime ses convictions naturistes tout en vantant les vertus de son Mielor. Bien nommée, la substance est un miel vendu comme de très haute qualité. Au fil du temps, c'est l'esprit de la Ruche naturiste qui né. 

    De cette époque saharienne ne subsiste qu'un amas de lettres jaunies, de courriers souillés par l'urine animal. Par tertres, les papiers de feu Charbonnier père et fils sont livré aux rodeurs. Pour Jean-Gab mainte fois utilisé par son père comme faire-valoir de l'enfant sein élevé au Mielor, fils du patriarche, le passage de témoin, la reprise de l'activité familiale fut un échec. Des colonies, du départ puis de l'établissement en France métropolitaine il ne reste qu'une petite construction en béton précontraint. Doté de plusieurs pièces, l'édifice comprend une entrée, un coin cuisine salon et deux chambres. Les murs sont de béton, sans isolation et les fenêtres sont laides et pré-vétuste. Au sol, le carrelage est étonnement agréable bien que peu visible. En retrait, les sanitaires sont recouverts tandis que la douche est brisée.<o:p></o:p>

    Toute proche d'Eguilles, la propriété familiale est posée dans la discrétion d'un hameau. Dedans, Jean-Gab meurt de l'ombre de ses fantasmes, de l'oppression d'un père omniprésent. Pourtant, ce dernier ne demeure qu'accroché au-dessus du lit de Jean-Gab. Effrayante, la série de clichés rappelle à chaque instant le jour de l'inhumation. Dans les années 1980 par un jour de printemps, Jea- Gab prend la route pour ne jamais en revenir.

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    Abandonnée, la maisonnette fait le bonheur des animaux qui gitent dans les restes du salon. Quelques posters issus de revues gay patchwork les murs flétris, jaunâtres. Des carcasses de métal jonchent le sol rappelant le passage de Pierrick, jeune agent récupérateur. Comme dans un rêve métallique, le jeune homme dans la vingtaine s'était improvisé, en 2007/2008, comme squatter recycleur. Pour la maison de Jean-Gab, une nouvelle vie prend ainsi essence.<o:p></o:p>

    Un poil vagabond, Pierrick ne fréquente cette base que pour travailler ses trouvailles ferreuses qui par la suite se diversifient. L'une des voies du Fooding en France est ainsi née. Dans un coin, des sacs sont amassés et pourrissent au fil des années, des câbles pas encore nettoyé de leurs plastiques trahissent le départ de Pierrick. Ce dernier, un s'en est allé convolé en Bretagne.<o:p></o:p>

    La parcelle de jardin qui jouxte des terres agricoles est toute plate et prête à l'image d'un champ. Derrière la maisonnette de vielle serre ainsi que des restes de ruche témoignent des essais de Jean-Gab. Dans le garage bien vaste les effets de Jean-Gab et de Pierrick s'entassent et finissent en un merveilleux jus de squatte. Le matin encore, l'unique voisin guette un futur passager, un nouveau Jean-Gab. 

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