• Au fil de l'eau ce pourrait être le sort du badeau, du festivalier à tous le moins celui rêvé. Depuis le regard porté sur l'autoroute : trois traits ondulés, une harpe stilisée et voilà notre ville d'eau et d'art, de fontaine et de musique. Posé là en pleine saison estivale, le vacancier pourra trouver l'élément liquide quelque peu absent de la Cité. Bien heureux celui qui pourra jouir des attributs du curiste ou palper une eau vive en dehors du parcours des fontaines. Tater de la mousse ou se faire prendre en photo derrière quatre dauphins ne rafraîchit pas son couple de festivalier.

    Sans innonder la ville d'Aix-en-Provence, sans imaginer une circulation en gondole du périphérique, chacun aimerait en été pouvoir deviser au moment du soir au bord d'une eau étendue. La rivière de l'Arc sans être mer ou lac présente l'intérêt de la contemplation du flôt qui passe comme le bonheur d'une baignade improvisée. Or, les berges du site ne regorgent pas de visiteurs, seuls quelques individus aux activités spécfiques fréquentent les lieux. En premier lieux, les joggers s'atellent à leur passion étrainant un parcours santé dessiné le long du cours d'eau. Plus loin, un rendez-vous gay s'improvise parfois se mêlant aux sportif venus récupérer leur véhicule. A la suite de ce cadre de sport libre, l'infrastructure des Infirmeries fait office d'ambassade sportive officielle. Un gymnase, une piscine, des terrains de tennis cotoient un improbable mur d'ecalade. Faisant face au complexe, un lotissement sort de terre effaçant du même coup un grand domaine qui fut il y a une vingtaine d'années à vocation agricole. Abandonnés durant près de quinze ans, les bâtiments furent squattés. Le corps de ferme principal est seul conservé dans le nouveau projet d'urbanisme. Il faut dire que l'édifice est impressionant avec trois niveaux et une organisation de l'espace intérieur en trois appartements, un espace important de stockage dont les déchêts révellent une activité dans l'automobile durant les années 1970.

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    L'Arc coule au fond du quartier et cela semble indifférer le plus grand nombre. De l'autre côté de la rive, le très tranquille Chemin du Viaduc serpente sous l'ombre de l'oeuvre SNCF éponyme. Côté Pont de l'Arc, un parc Acrobranche a tenté l'aventure et la symbiose avec l'Arc en proposant aux visiteurs de survoller la rivière depuis un ensemble de ponts, de cordes, de poulis. Hormis cette initiative, seul le Marché aux puces organisé sous l'Aqueduc peux se targuer de proposer une manifestation populaire et gratuite au bord des eaux. Les étals en grand nombre l'été s'étendent jusqu'au petit surplomb de terre qui domine l'Arc de quelques petits mètres.

    A Côté, l'ancienne discothèque du Kripton convertit en entrepôt un temps pour la Mairie d'Aix un temps pour la Compagnie de Danse Prejlocaj donne une touche industrielle renforcée par le parking-relais construit tout proche. L'accès à l'eau de l'Arc, la promenade, comme le "callage" entre jeunes en son bord ne coule pas de source. En faute, une moindre valorisation de cet élément par les autorités compétentes dont l'attitude ne s'apparentent pas à une indifférence à propos du site mais plutôt à la mise en place d'un simple arsenal de préservation de ce denier au regard des exigences environnementales, esthétiques contemporaines.

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    Lové dans ce compromis, la fonction de loisir global de bien-être comprise dans les possibilités d'une rivière apparaissent comme non maîtrisées, non exploitées. Si le parcours de santé à permis d'importer un public spécialisé, les aixois, les touristes non initiés continueront leur fonte en centre-ville, souffriront de la petitesse, du calme de Jourdan. Alors que les quartiers d'Aix sont de toute part agrandis au moyen de projets immobiliers parfois gigantesques peu d'efforts sont entrepris pour donner à la cité une faculté d'attraction authentique à tout le moins non marchande.

    Pourtant, chacun le sait, l'espace gratuit organisé peu à terme s'avérer payant et dans le cas d'Aix permettre à la Belle de se refaire une beauté, d'assumer notamment les foules qui foulent les rues de la ville au moment de l'été. Si d'aventure, les flôts de touristes s'égaraient du centre-ville, de ses boutiques pour "descendre" du côté des facs puis gagner les bords de l'Arc - qui pourraient être pour l'occasion renommer la "Grande Arc" -, très vite, le déplacement releverait du pélerinage : parfois pénible avec notamment la traversée de l'autoroute.

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    A cela s'ajouterait la triste vision des berges saturées de véhicules en masse, des voies de desserte transformées en parking. A ce point de l'investigation, seule l'imagination peut sauver le récit. Imaginons dans un premier temps de recouvrir l'autoroute à partir de la Sortie Pont de l'Arc et jusqu'à la sortie Pont des Trois Sautet. Pour imaginer l'ouvrage, il suffit de concevoir de part et d'autre de la chaussée des bandes de béton comme des murs sur lesquels seraient placés des éléments de toiture fait de la même matière. Pour parfaire le chantier, l'espace du toit serait, à la façon du Supermarché Casino Brunet - Avenue Delattte de Tassigny - asservit en parking, procurant par la même le plus formidable des parking-relais.

    Dans cette urbanisme-fiction, il s'agit tous simplement de ramener le territoire de la commune à sa configuration "d'avant l'autoroute" tout en prenant en compte le triplement de sa population. Si les quartiers des Facultés, du Pigonnet ou du Val-Saint-André étaient jadis des campagnes, de la verdure accessibles à l'urbain, cela n'est de nos jours plus le cas or, l'autoroute se pose comme une limite symbolique entre la ville et l'aire qui à l'heure actuelle pourrait se substituer au campagne perdues. 


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  • Alors que l'urbanisme bouleverse au quotidien le paysage, les contours de la cité aixoise, certains quartiers semblent promis à un someil profond. Bien souvent, ce type de projection au long fleuve tranquille siés bien aux habitants. Le Montaiguet avec ses chemins étroits, ses pinèdes gelées et ses dizaines de sentiers semblait imperméable à la pression foncière comme protégé par ses pentes, son arridité.

    Intérieur d'un cabanon isolé

    Pourtant depuis quelques mois des promoteurs sont à pied d'oeuvre pour tenter d'investir l'ilot de verdure. Déjà le lotissements de villa situé derrière le CREPS le long de la voie ferré - Chemin de la Guiramande - à fait office de cheval de Troix, rescucité de vielles voies d'acccès promises à un trafic soutenu. A la suite, c'est tout le bas du Montaiguet compris entre les rives de l'Arc et la voie ferrée qui est envisagé comme une zone à urbanisé. Dans ce Dessin, le Chemin du Viaduc qui relie le quartier du Pont de l'Arc jusqu'au viaduc ferroviaire, a été retenu comme la colonne vertébrale du nouvel ensemble. Il ne s'agit pas ici de commetre un lotissement mais d'asservir la zone à l'institution universitaire.

    Inscriptions en latin sur une cabane isolée

    Le vieux silo abandonné marque le début de la maquette, celui-ci à d'ailleur déjà été racheté à ses propriétaire par voie d'expropriation et serait conservé sur les plans en sa qualité de monument exeptionnel. Du reste le vénérable vaisseau de pierre est par ses dimensions quasi indéstructible et fort de ses multiples vies. Au début du siècle dernier, le bâtiment comportait une annexe et était destiné à la fabrication de vin et de marc de Provence sur la base du raisin apporté par les riverains dont les terres à l'époque étaient principallement plantées de vignes. Par la suite, le mastodompe fut un temps utilisé comme "show room" par un cabinet d'architecte pour finir comme l'un des squates historiques d'Aix-en-Provence.

    Non loin du Silo, une vaste propriété la P... a également été cédée à grand prix et par voie d'expropriation au consortium en charge de ce vaste plan d'amménagement. Le but des opérations est de réunir un maximum de foncier pour réaliser une extension de l'offre universitaire par de là l'autoroute, par de l'Arc. Déjà habitués à l'intense activité du CREPS, les riverains semblent accepter ce nouveau venu à tous le moins si ce dernier est emputé de l'un de ses membres : un pont sur la rivière. En effet, les plans du projet inclus la construction d'un pont sur l'Arc depuis les abords du Silo jusqu'aux arrières de l'Avenue Gaston Berger.

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    Déconfite, une ancienne du quartier anticipe l'élargissement inéluctable de la chaussée : cette impasse dans les années 1950 n'était encore qu'un sentier où quelques séminaristes passaient visitant une communauté de Frères édifiées dans les bois - à l'heure actuelle à l'état de ruine. Parfois, en des temps encore plus anciens, le Docteur Belon se hatait sur le chemin pour rejoindre le sorcier du Chicalon, pour apprendre encore plus de magie là-bas dans la grotte du chamane, face au trone de la Reine Jeanne.

    Déjà obsolète, les histoires d'hier se fondent dans le vert des collines dans le romantisme aïgu du coin que l'on trouve. Plus forte, la beauté organisée gagne du terrain jusqu'à urbanisé les voies d'accès aux rêveries de promenades désenchantées. 


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  • Alors que toute une rue devient avenue, une propriété resiste aux changements urbains. Au bord de la chaussée, la propriété du Capitaine fait fit des milliers de véhicules passant, des engins de chantiers à l'oeuvre dans la parcelle mitoyenne. Pourtant, les bruits, l'activité ne manque pas. Dans un premier temps décrouté le vaste terrain de plusieurs hectares fait à présent l'objet de fouilles archéologiques préventives. La prochaine étape est la phase de construction de six résidences composées de logements sociaux.

    A la manoeuvre la SACOGIVA entreprend ici une importante opération de construction. Le choix du site semble s'inscrire dans la métamorphose de l'axe allant du Pont-de-l'Arc vers le Carrefour des Milles. En effet, depuis la construction des résidences de la Parade dans les années 1970 jusqu'à la livraison des résidence de l'Hyppodrome en 2009, la vocation urbaine du secteur semble prendre part sur l'empreinte rurale.

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    Peu enclun à la transformation de son environnement, le Capitaine surveille, mesure, rapporte les écarts au code de l'urbanisme. En cette matiné de février 2011, à bien regarder le ciel, le combat semble perdu : un hélicoptère survole à faible altitude le chantier, certainement pour produire une cartographie d'architecte. Depuis sa terrasse, le Capitaine fulmine ne pouvant que constater la mise à mort de l'une des dépendances de sa vaste propriété. A quelques mètres seulement, un tertre de briquettes, de bois et de fer figure ce qui était hier une vaste grange.

    Les rêves de l'ancètre du Capitaine s'envolent en gravas évacués par un cortège de camions benne. A l'époque c'est depuis les Amériques, depuis la Louisianne puis de l'Argentine que le grand-père avait immaginer de posséder une coquette bastide dans la campagne aixoise. C'était un "barcelo" comme l'histoire puis le mythe à dénommé ces hommes partie de la Vallée de l'Ubaye pour se construire un avenir prospère.

    Etablie à Paris à la suite de ses cavalcades transatlantique, l'ancien avait acquis, pour y elever ses enfants, un ancien moulin dans le pittoresque quartier aixois du Pont-de-l'Arc. Dans les années trente, le bâtiment est encore à usage de moulin fort d'une eau puisée dans l'Arc via une voie sous-terraine tracée depuis le Moulin Bernard situé au bord de l'Arc à l'entrée du Pont-de-l'Arc. Inspiré et riche, le propriétaire va s'evertuer à reconfigurer la demeure en bastide. Au dehors, une pièce d'eau est posée sous de vénérables platannes.

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    Au pied de la grande maison, une petite maisonette intrigue. En sursis, la dépendance goute ces jours-ci les dernières heures de sa longue vie. A l'origine, le petit édifice servait de repère au Capitaine : le nouvelle aventurier de la famille. Ce dernier à en effet fait carrière dans la marine marchande en qualitée de Capitaine au long cour. A l'occasion de relache, le Capitaine pouvait compter sur ce petit pied à terre toujours protégé, entretenu par une mère inquiète pour son marin de fils.

    A l'heure de la retraite, le gout de tranquilité du domaine est amer, la source de bonheur tarie. Le Capitaine de retour sur la terre ferme cultive les ambiguïtés. Si ce dernier mène un combat pour conserver sa demeure, il a dans le même temps affublé celle-ci d'un étrange dispositif. Autour de la maison partout la place est prise par des objets. En tas ou en sceau, en pile ou en l'air il y a là le fruit d'année de récupération.

    Pensif, le Capitaine justifie cette récolte en narrant des tranches de vie construites sur la base du système D. Toujours sur le pont, le Capitaine stock ici des boulons, la bas des portières : en cas d'avarie, de voies d'eaux. En arrière-plan,, une pelle-mécanique déblaies des tonnes de terre. Sur ces champs voisins, cédés par voie d'expropriation, ne pousseront demain que des résidences et une maison destinée à l'ancien paysans ayant les terres en metayages.

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    Derrière la demeure, une parcelle encore hors béton descend jusqu'à l'Arc, outre des carcasse diverse d'automobiles canibalisées, deux triporteurs attirent l'oeuil. Loin d'être anachroniques, les tricycles sont destiné, selon le maître des lieux, à rouler sur une petite île au large du Mozambique. A l'appuis, les projets du capitaine de continuer la restauration d'un ancien comptoire de messagerie coloniale entrepris durant ces années de service à bord des navires. Acquise la propriété ilienne est d'après le Capitaine un havre de paix comme la certitude de perpétuer contre vent et marée l'effort familial.

    SO' PUNCHY  


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